Mercredi 29 juillet, la séquence militaire s’est brusquement intensifiée au Moyen-Orient après plusieurs jours d’accalmie. Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué une attaque de missiles contre « une base aérienne et le centre de commandement central des États-Unis » en Jordanie, tandis que l’armée jordanienne a déclaré avoir abattu cinq missiles venus d’Iran. Dans la nuit, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a ensuite annoncé des frappes menées avec l’Arabie saoudite contre des groupes armés pro-iraniens en Irak.
Une attaque revendiquée en Jordanie suivie d’une riposte en Irak
Selon une information de presse, l’armée américaine a d’abord « intercepté avec succès » des missiles tirés par l’Iran contre ses forces basées au Moyen-Orient. La Jordanie a précisé avoir abattu cinq missiles, alors que les Gardiens de la révolution ont revendiqué une frappe contre des installations américaines sur son territoire. Plusieurs articles situent cette attaque contre des bases américaines en Jordanie, pays allié de Washington déjà visé depuis la reprise des hostilités au début du mois.
Dans un second temps, Washington et Riyad ont annoncé une opération conjointe en Irak. Le Centcom a indiqué que « des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement » appartenant à des groupes armés pro-iraniens. Le ministère saoudien de la Défense a confirmé ces frappes et les a présentées comme une réponse à des attaques de drones visant des installations pétrolières dans l’est du royaume.
« La même journée a mêlé des tirs revendiqués contre une base américaine, des interceptions annoncées par la Jordanie et une riposte menée sur le sol irakien. »
Des bilans attribués et des versions opposées sur le cadre des frappes
En Irak, le Hachd al-Chaabi, coalition d’ex-paramilitaires intégrée aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran, a affirmé que les frappes avaient touché ses positions dans plusieurs provinces. Selon cette coalition, au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés. Certaines informations de presse évoquent aussi cinq Iraniens parmi les morts. Le bilan reste donc présenté à ce stade selon les déclarations du Hachd al-Chaabi et de responsables liés à cette coalition.
Les autorités irakiennes ont contesté le cadre avancé par Washington. Donald Trump a affirmé, selon une information de presse, que les frappes avaient été « coordonnées » avec le gouvernement irakien. La présidence irakienne a au contraire dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté de l’Irak ». Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a indiqué avoir adopté « un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins ».
L’Iran a condamné ces frappes en Irak. Sa diplomatie les a qualifiées de « violation flagrante » de la Charte des Nations unies et du droit international, et a accusé les États-Unis et Israël de vouloir « étendre la guerre dans la région ».
Washington menace Téhéran pendant que les sanctions s’ajoutent aux frappes
Après cette reprise des hostilités, Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient frapper « fort » l’Iran. Dans le même temps, Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant des entités iraniennes liées aux Gardiens de la révolution, accusées d’imposer des « assurances » aux navires transitant par le détroit d’Ormuz.
D’autres développements ont été rapportés dans la journée, mais avec des statuts différents. La télévision d’État iranienne a fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays et près de la frontière irakienne. De leur côté, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir frappé et arrêté trois pétroliers tentant de franchir le détroit d’Ormuz. Ces éléments relèvent à ce stade de déclarations attribuées aux autorités iraniennes ou à des médias d’État iraniens.
Au moment de la publication, les faits établis portent sur trois points centraux : des missiles revendiqués par les Gardiens de la révolution contre une base américaine en Jordanie, des interceptions annoncées par l’armée jordanienne, et des frappes conjointes américaines et saoudiennes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens. Restent en débat le cadre exact de coordination avec Bagdad avancé par Washington, le bilan consolidé des frappes en Irak et l’ampleur d’éventuelles nouvelles frappes directes sur le territoire iranien.