La FIFA a annoncé mardi 28 juillet vouloir créer une société, présentée sous le nom de FIFA Forward Enterprise, chargée de gérer ses activités commerciales et événementielles, avec l’objectif d’attirer des investisseurs extérieurs. Selon l’instance mondiale, ce dispositif doit accroître les revenus du football et pourrait générer 10 milliards de dollars, dont 4,2 milliards dès cette année. Le projet doit encore être soumis aux 211 fédérations membres, appelées à se prononcer d’ici au 19 septembre, pour une application annoncée à partir du 1er janvier 2027.
Une société commerciale au cœur du projet de la FIFA
La structure envisagée regrouperait notamment la diffusion, le sponsoring, la billetterie, l’octroi de licences et l’organisation de compétitions comme la Coupe du monde ou la Coupe du monde des clubs. La FIFA a indiqué qu’elle conserverait le contrôle exclusif de cette société grâce à une représentation majoritaire au conseil d’administration, ainsi que l’autorité sur la gouvernance du football, les compétitions et le calendrier.
Selon la FIFA, les investisseurs extérieurs ne détiendraient que des participations minoritaires, sans pouvoir de contrôle. Gianni Infantino a défendu mercredi une formule qui serait, selon lui, « une opportunité, mais pas une obligation ». Il a aussi assuré, d’après ses déclarations relayées publiquement, que le projet se ferait « sans céder le contrôle de quelque nature que ce soit ».
« Le projet distingue la gouvernance sportive, que la FIFA dit vouloir conserver, et la valorisation commerciale, qu’elle veut ouvrir à des capitaux extérieurs. »
Une opposition rapide des instances européennes
L’annonce a provoqué une réaction immédiate de plusieurs instances européennes du football. L’UEFA a réuni mercredi en urgence les fédérations européennes pour examiner ce projet. Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, l’organisation a dénoncé une « opposition grandissante et significative » et a accusé la FIFA d’utiliser le football pour « s’enrichir elle-même et ses amis ».
En France, la ministre des Sports, Marina Ferrari, a annoncé la tenue de cette réunion d’urgence avec les instances européennes. Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, a déclaré que le projet « soulève beaucoup d’interrogations » et a demandé des « processus de décisions un peu plus transparents ». La fédération allemande a, elle aussi, fait part de son opposition, tandis que la Confédération asiatique de football et la Concacaf ont regretté de ne pas avoir été consultées avant la présentation publique du projet.
Des critiques sur le vote, les montants annoncés et le cadre juridique
Plusieurs informations de presse ont aussi porté sur les conditions de validation du projet. D’après ces informations, Gianni Infantino aurait indiqué aux fédérations qu’elles pourraient recevoir chacune 40 millions de dollars, soit environ 35 millions d’euros, si elles approuvaient le plan. D’autres articles évoquent 20 millions de dollars ou d’euros de financements supplémentaires à partir du 1er janvier 2027. Ces montants sont présentés dans le débat comme des retombées économiques promises aux membres de la FIFA.
La Commission européenne est également entrée dans la séquence. Le commissaire européen chargé notamment des Sports, Glenn Micallef, a écrit : « Pas touche à notre sport. » Il a ajouté que ces propositions soulevaient « d’importantes questions au regard du droit de la concurrence » et que la Commission les examinerait « avec la plus grande attention ».
Un vote attendu après une journée de critiques publiques
À ce stade, le projet existe sous la forme d’une proposition portée par la direction de la FIFA et défendue publiquement par Gianni Infantino. L’opposition exprimée mercredi par l’UEFA, plusieurs fédérations européennes et des responsables politiques est établie par leurs déclarations et leurs communiqués. Les montants avancés pour les fédérations et certaines modalités du dispositif ont circulé dans des informations de presse ou dans les prises de position des acteurs concernés.
La prochaine étape identifiée reste le vote des fédérations membres avant le 19 septembre. La mise en œuvre annoncée au 1er janvier 2027 dépend de cette validation et de l’examen du projet par les instances de la FIFA. La Commission européenne a, de son côté, indiqué qu’elle suivrait le dossier sur le terrain du droit de la concurrence.