Carburants : Emmanuel Macron écarte la pénurie, les prix restent sous tension

Le blocage du détroit d’Ormuz alimente la hausse des carburants en France. L’exécutif n’annonce toutefois pas de pénurie à court terme.

Carburants : Emmanuel Macron écarte la pénurie, les prix restent sous tension

Image générée par Fokon


Emmanuel Macron a assuré qu’aucune pénurie de carburant n’était envisagée en France à ce stade, malgré le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix à la pompe. Cette déclaration intervient après l’alerte de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Il évoque un risque de pénurie énergétique si la situation durait encore « deux ou trois mois ». Les prix restent élevés, plusieurs secteurs ajustent leur activité, et les marges des distributeurs font l’objet de débats entre l’exécutif, les professionnels et les organisations du secteur.

Une pénurie écartée à court terme

Emmanuel Macron a répondu aux inquiétudes sur l’approvisionnement en carburants depuis Athènes. Le président français a affirmé que la situation actuelle ne conduisait pas à envisager une pénurie en France.

« Aujourd’hui, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie », a déclaré Emmanuel Macron. Il a aussi appelé à éviter les réactions susceptibles d’aggraver les tensions d’approvisionnement.

Le chef de l’État a relié ce risque aux comportements de stockage. « Bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes », a-t-il estimé.

L’exécutif distingue deux niveaux. Le premier concerne les prix, déjà touchés par les tensions internationales. Le second concerne l’approvisionnement physique, considéré comme assuré à court terme par l’exécutif.

Patrick Pouyanné a formulé une alerte différente. Le PDG de TotalEnergies a estimé que si le blocage du détroit d’Ormuz durait « encore deux ou trois mois », la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique ».

Les représentants du secteur pétrolier tiennent une ligne intermédiaire. Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières, a déclaré que les prix resteraient « extrêmement élevés » tant que le détroit d’Ormuz serait bloqué. Il a toutefois écarté un risque immédiat de pénurie.

« Les formulations alternent entre “absence de pénurie”, “risque de pénurie” et “prix extrêmement élevés”. »

Le détroit d’Ormuz au centre des tensions

Le détroit d’Ormuz concentre une partie des inquiétudes énergétiques. Avant le blocage, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitaient par ce passage maritime.

Le maintien du blocage pèse sur les prix du pétrole, du gaz et des carburants raffinés. Cette hausse se répercute sur les automobilistes, les professionnels du transport, les entreprises du BTP et les agriculteurs. Plusieurs secteurs touristiques sont aussi concernés.

Emmanuel Macron a appelé à « une réouverture complète, conforme au droit international, à la liberté de navigation, sans péage sur le détroit d’Ormuz ». Le retour à la normale serait ensuite progressif, selon l’exécutif.

Les acteurs du secteur rappellent que les stocks et les importations permettent encore d’alimenter le marché français. Olivier Gantois a indiqué que, jusqu’à fin mai, les approvisionnements en brut et en produits finis permettaient de servir les consommateurs français.

D’autres spécialistes évoquent une situation plus tendue si les perturbations durent. Jean-Louis Schilansky, ancien président de l’Union française des industries pétrolières, a estimé que si les tensions duraient encore deux ou trois mois, des problèmes d’approvisionnement pourraient apparaître.

Des marges de distribution discutées

La hausse des prix à la pompe ne dépend pas uniquement du cours du pétrole. Les marges brutes des distributeurs sont aussi devenues un point de débat.

Un document de travail attribué au gouvernement évoque une augmentation des marges brutes depuis le début de l’année. Celles-ci seraient passées d’environ 30 centimes par litre en moyenne à des niveaux pouvant dépasser 50 centimes pour le gazole dans certaines stations.

Bercy a démenti les chiffres mentionnés dans ce document et indiqué ne pas en connaître l’origine. Les distributeurs contestent aussi l’idée de marges exceptionnelles.

Francis Pousse, président national des distributeurs de carburant chez Mobilians, a déclaré que ces chiffres « ne correspondent absolument pas à la méthode de calcul de ce que nous appelons des coûts de distribution et non pas des marges de distribution ».

Dans le même temps, certains responsables politiques demandent que la hausse des prix ne se traduise pas par des profits supplémentaires. Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a affirmé : « Il ne doit pas y avoir de profit dans cette crise. »

Cette controverse porte donc sur la composition du prix final. Elle distingue le coût du pétrole, le raffinage, la logistique, les taxes, les coûts de distribution et les marges commerciales.

« Les mêmes chiffres de marge sont présentés comme une hausse brute, puis contestés par la méthode de calcul. »

Transavia réduit une partie de son programme

La hausse du carburant touche aussi le transport aérien. Transavia, compagnie à bas coûts du groupe Air France-KLM, a annoncé des annulations de vols en mai et juin.

La compagnie explique cette décision par la hausse du prix du kérosène. Les annulations concernent « moins de 2 % du programme sur la période mai-juin », selon un porte-parole du transporteur.

Chaque client concerné doit être informé individuellement par SMS et par e-mail. La compagnie présente cet ajustement comme une réduction ciblée de son programme de vols.

Cette décision illustre l’effet de la hausse énergétique sur les coûts opérationnels des entreprises. Dans l’aérien, le carburant représente une part importante des dépenses, ce qui peut conduire à modifier des lignes ou des fréquences.

D’autres secteurs signalent aussi des effets concrets. Les taxis demandent des mesures spécifiques, les infirmiers libéraux dénoncent leur exclusion de certains dispositifs, et des entreprises de transport routier évoquent une hausse rapide de leurs charges.

Des mesures professionnelles sous surveillance

Plusieurs professions exposées au carburant demandent des réponses ciblées. Les routiers, pêcheurs et agriculteurs sont mentionnés parmi les bénéficiaires de mesures de soutien ou de tarifs planchers.

Les taxis réclament également une prise en compte de leur consommation. Des représentants de la profession évoquent un tarif plancher à 1,80 euro le litre, comme pour d’autres métiers fortement dépendants du carburant.

Les infirmiers libéraux signalent aussi une difficulté spécifique. Leurs tournées quotidiennes rendent la hausse du carburant directement liée au coût de leur activité.

Dans le tourisme, les loueurs de camping-cars, les gîtes et certains sites de vacances constatent des arbitrages de distance. Des réservations peuvent être reportées, raccourcies ou adaptées selon les budgets de déplacement.

Dans le BTP, la hausse du gazole non routier, utilisé notamment pour certains engins de chantier, accroît les coûts de travaux. Certaines entreprises évoquent plusieurs milliers d’euros supplémentaires par mois.

Des prix élevés, un approvisionnement encore suivi

La situation combine une hausse des prix, des tensions sur plusieurs secteurs et une surveillance des approvisionnements. L’exécutif affirme qu’aucune pénurie n’est envisagée à court terme, tandis que des acteurs de l’énergie évoquent un risque si le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge. Les prix à la pompe, les marges de distribution et les mesures professionnelles restent suivis par les autorités.

La durée du blocage d’Ormuz demeure le principal point non tranché. Les stocks et les importations suffiront-ils si les tensions maritimes se prolongent au-delà de plusieurs semaines ? Les hausses actuelles relèvent-elles d’abord du marché mondial, des coûts de distribution ou d’effets de marge encore à documenter ?


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