Mali : le JNIM et le FLA attaquent la junte, Sadio Camara est tué

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le Front de libération de l’Azawad ont revendiqué des attaques coordonnées contre plusieurs villes maliennes. Le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué, tandis que des combats ont été signalés autour de Kati et Kidal.

Mali : le JNIM et le FLA attaquent la junte, Sadio Camara est tué

Image générée par Fokon


Le Mali a été visé, les 25 et 26 avril 2026, par une série d’attaques coordonnées contre Bamako, Kati, Kidal, Gao, Sévaré et Mopti. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda et souvent désigné par l’acronyme JNIM, et le Front de libération de l’Azawad ont revendiqué des opérations contre des positions du pouvoir militaire. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué dans une attaque contre sa résidence à Kati.

Des attaques coordonnées contre plusieurs villes

Les premiers combats ont été signalés à Bamako et dans plusieurs localités du pays. L’armée malienne a annoncé que « des groupes armés terroristes, non encore identifiés, ont pris pour cibles tôt ce matin certains points et casernes de la capitale et de l’intérieur » du Mali. Les forces de défense ont aussi indiqué être engagées contre les assaillants.

Les attaques ont visé des sites militaires, des emprises proches de l’aéroport de Bamako, Kati, Gao, Kidal, Sévaré et Mopti. Kati occupe une place particulière dans ces attaques, car cette ville-garnison proche de Bamako abrite des installations militaires et des résidences liées au pouvoir.

Le JNIM a revendiqué les attaques et dit avoir agi en coordination avec le FLA. Le groupe affirme assumer « la responsabilité » des assauts visant « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati ».

« Les formulations alternent entre “groupes terroristes”, “jihadistes” et “rebelles touaregs” selon les acteurs cités et les lieux concernés. »

Sadio Camara tué dans l’attaque de Kati

Sadio Camara, ministre de la Défense et figure centrale du pouvoir militaire, a été tué lors de l’attaque visant sa résidence à Kati. Les autorités maliennes ont confirmé sa mort et décrété deux jours de deuil national. Plusieurs récits mentionnent aussi la mort de membres de son entourage dans l’assaut.

Sadio Camara était en poste depuis 2020. Il avait participé à l’arrivée au pouvoir des militaires et occupait une fonction majeure dans l’appareil sécuritaire malien. Il était également associé au rapprochement militaire avec la Russie, notamment dans le cadre du recours à Wagner, puis à Africa Corps.

Une source gouvernementale citée dans plusieurs reprises de l’AFP a déclaré : « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur. » Un membre de sa famille a indiqué : « Dans l’attaque de Kati, le ministre Camara a été tué ainsi que sa seconde femme. »

Les autorités ont fait état de 16 blessés civils et militaires et de « dégâts matériels limités » après les attaques. Elles ont aussi affirmé que « la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités » attaquées. Plusieurs informations de terrain signalent toutefois la poursuite de tirs et de combats dans certaines zones.

Le FLA revendique Kidal

Dans le nord du pays, le FLA a affirmé avoir pris le contrôle de Kidal. Cette ville était revenue sous contrôle de l’armée malienne en novembre 2023, avec l’appui de combattants russes, après plus d’une décennie de présence de groupes rebelles.

Les combats ont repris à Kidal après les premières revendications du FLA. Mohamed Ramdane, porte-parole des rebelles touaregs, a déclaré : « Les combats ont repris à Kidal ce matin. Nous voulons déloger les derniers combattants russes qui se sont réfugiés dans un camp. »

Le FLA a ensuite affirmé avoir obtenu un accord permettant aux forces russes d’Africa Corps de quitter Kidal. Selon une source diplomatique citée dans les informations disponibles, les combattants russes présents dans la ville se coordonnaient avec les rebelles pour leur départ.

À Gao, le FLA a aussi revendiqué plusieurs positions. À Sévaré, la situation a été décrite comme encore incertaine par des responsables locaux. Ces éléments s’inscrivent dans une séquence militaire couvrant à la fois le nord, le centre et la périphérie de la capitale.

Le pouvoir militaire affirme maintenir le contrôle

Le général Assimi Goïta, chef du pouvoir militaire, n’a pas pris publiquement la parole pendant la séquence rapportée. Une source sécuritaire malienne affirme qu’il a été exfiltré de Kati et se trouve « en lieu sûr ».

L’état-major général des armées a annoncé que « la traque des Groupes Armés Terroristes se poursuit à Kidal, Kati et dans d’autres localités du pays ». Il a également fait état d’un relèvement des niveaux d’alerte, de couvre-feux, de patrouilles renforcées et de points de contrôle supplémentaires.

L’armée malienne est engagée avec l’appui de forces russes d’Africa Corps, dispositif ayant succédé à Wagner dans plusieurs pays africains. Cette présence russe occupe une place centrale dans les faits rapportés, notamment à Kidal, où les rebelles touaregs affirment avoir négocié leur retrait.

Le JNIM a aussi adressé un message à la Russie, en évoquant la volonté de « neutraliser la partie russe du conflit, en échange de la non-prise de cible de cette dernière ». Le ministère russe des Affaires étrangères a condamné les attaques, présentées comme une menace contre l’État malien.

« Les traitements relient constamment trois lieux : Kati pour le pouvoir militaire, Bamako pour la capitale, Kidal pour le contrôle du nord. »

Condamnations internationales et cadre sahélien

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné les attaques. Son porte-parole a indiqué qu’il était « profondément préoccupé par les informations faisant état d’attaques en plusieurs endroits au Mali ». Il a aussi appelé à « un soutien international coordonné » face à la situation sécuritaire au Sahel.

L’Union européenne a également condamné l’attaque ayant entraîné la mort de Sadio Camara. Le Mali reste confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire impliquant des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, des groupes armés locaux, des groupes criminels et des mouvements indépendantistes.

Le JNIM avait déjà revendiqué en septembre 2024 une double attaque contre l’aéroport militaire de Bamako et une école de gendarmerie. Cette attaque avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires citées dans les informations disponibles.

Des contrôles encore disputés à Kati et Kidal

La situation reste marquée par plusieurs points non stabilisés : le contrôle effectif de Kidal, l’état des positions autour de Kati, le rôle exact d’Africa Corps dans les retraits annoncés et la capacité des autorités maliennes à rétablir une communication complète sur les zones touchées. Les autorités affirment maintenir le contrôle, tandis que le FLA revendique Kidal et plusieurs positions dans le nord.

Les prochaines informations devront préciser le bilan complet des attaques, l’état réel des positions militaires et le statut des forces russes présentes à Kidal. Qui contrôle effectivement les zones revendiquées par le FLA ? Quelle chaîne de commandement militaire le pouvoir malien met-il en place après la mort de Sadio Camara ?


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