Samedi 16 mai en fin d’après-midi, un automobiliste a délibérément percuté des piétons dans une rue du centre-ville de Modène, dans le nord de l’Italie. Le conducteur, identifié comme Salim El Koudri, un Italien d’origine marocaine âgé de 30 ans, a blessé huit personnes, dont quatre grièvement. Une femme a dû être amputée des deux jambes après avoir été percutée de plein fouet. La voiture a terminé sa course dans la vitrine d’un magasin avant que le suspect ne tente de s’enfuir.
Le maire de Modène, Massimo Mezzetti, a indiqué que l’homme avait « visé le trottoir » avant de sortir de son véhicule armé d’un couteau. Il a porté un coup à un passant qui tentait de l’arrêter, sans parvenir à le blesser gravement. Quatre passants, dont un Égyptien de 56 ans et un Italien nommé Luca Signorelli, ont poursuivi et maîtrisé le suspect avant son interpellation par la police. Signorelli, blessé à la tête par un coup de couteau, a été salué par les autorités pour son intervention.
« Le même événement est décrit à la fois comme une attaque et comme un acte lié à des troubles psychiatriques, sans que ces deux qualifications ne s’excluent nécessairement à ce stade. »
Le suspect, diplômé en économie et inconnu des services de police, avait été pris en charge en 2022 pour des troubles schizoïdes dans un centre de santé mentale. Selon la préfète de Modène, Fabrizia Triolo, il n’était pas sous l’influence de substances psychotropes au moment des faits. Une perquisition à son domicile n’a révélé aucun signe de radicalisation islamique. Interrogé par les enquêteurs, l’homme est apparu « confus » et n’a pas répondu aux questions.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a annulé un déplacement à Chypre pour se rendre au chevet des victimes dimanche 17 mai, accompagnée du président de la République, Sergio Mattarella. Elle a qualifié les faits d’« extrêmement graves » et exprimé sa confiance dans le fait que « le responsable réponde pleinement de ses actes ». Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a indiqué que la thèse d’un trouble psychiatrique était privilégiée, tout en précisant que les enquêteurs poursuivaient leurs investigations pour écarter toute autre hypothèse.
Un millier de personnes se sont rassemblées dimanche soir sur la Piazza Grande de Modène pour rendre hommage aux victimes. Le maire a appelé à l’unité, dénonçant les tentatives de récupération politique. Plusieurs personnalités d’extrême droite, dont des membres de la Ligue, ont toutefois évoqué des questions liées à « l’intégration des citoyens de deuxième génération », une formulation contestée par d’autres responsables politiques.
Le suspect reste en garde à vue. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles charges retenues contre lui.
Un mobile encore à préciser
Les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations exactes de l’attaque. Si les troubles psychiatriques du suspect sont considérés comme l’explication la plus probable, les enquêteurs n’ont pas encore tranché définitivement. Le parquet de Modène doit encore préciser les qualifications juridiques retenues, tandis que les témoignages des victimes et des passants ayant maîtrisé le suspect pourraient apporter des éléments supplémentaires. Les résultats des analyses toxicologiques et psychiatriques, attendus dans les prochains jours, devraient éclairer davantage les circonstances de l’acte.