Une compétition riche en films marquants
La sélection officielle de cette édition présente plusieurs films très attendus. Parmi eux, Hope du réalisateur sud-coréen Na Hong-jin, un film de monstre mêlant action et comédie, a particulièrement retenu l’attention. Moulin, de László Nemes, plonge le spectateur dans un face-à-face intense entre Jean Moulin, interprété par Gilles Lellouche, et Klaus Barbie. Le film L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen, avec Javier Bardem, explore les relations père-fille à travers le prisme d’un tournage cinématographique. Enfin, Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda, Palme d’or en 2018, aborde le deuil et l’intelligence artificielle à travers l’histoire d’un couple qui remplace son enfant décédé par un androïde.
D’autres films notables incluent Garance de Jeanne Herry, où Adèle Exarchopoulos incarne une actrice aux prises avec l’alcoolisme, et Paper Tiger de James Gray, un thriller familial et mafieux avec Scarlett Johansson et Adam Driver. Gentle Monster, de Marie Kreutzer, met en scène Léa Seydoux confrontée à la découverte de téléchargements pédopornographiques sur l’ordinateur de son mari.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
La question de l’intelligence artificielle (IA) dans le cinéma a été un sujet central cette année. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a annoncé que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) modifierait ses règles de financement pour réserver ses aides aux œuvres créées par des humains. Cette décision intervient après la présentation de John Lennon: The Last Interview, un documentaire de Steven Soderbergh critiqué pour son usage de l’IA, qui a parasité certaines scènes.
Polémiques et tensions autour de Canal+ et Vincent Bolloré
Une polémique a éclaté après la publication d’une tribune dans Libération, signée par 600 professionnels du cinéma, dénonçant « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré sur le secteur. En réponse, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a annoncé que le groupe cesserait de soutenir financièrement les signataires de cette tribune. Cette déclaration a provoqué des réactions vives sur la Croisette, où le logo de Canal+ a été hué ou boudé lors de plusieurs séances.
Des enjeux sociétaux et politiques
Plusieurs films en compétition abordent des thèmes sociétaux sensibles. L’Abandon, qui retrace les derniers jours de Samuel Paty, a suscité des critiques de la part de certains créateurs de contenus, qui l’accusent de servir des intérêts politiques. Gentle Monster et Si tu penses bien de Géraldine Nakache explorent respectivement les thèmes de la pédocriminalité et de l’emprise psychologique.
Par ailleurs, des figures comme Cate Blanchett et Javier Bardem ont profité de leur présence à Cannes pour aborder des questions politiques. Cate Blanchett a regretté que le mouvement #MeToo ait été « étouffé trop vite », tandis que Javier Bardem a dénoncé la « masculinité toxique » de dirigeants comme Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu.
Un festival sous le signe de l’engagement
Le Festival de Cannes 2026 continue de jouer un rôle d’accélérateur de talents, mettant en avant des films indépendants et des réalisateurs émergents. Des productions comme Virages, un premier long-métrage genevois, ou Congo Boy du réalisateur congolais Rafiki Fariala, ont été saluées pour leur originalité et leur engagement.
Un festival en mouvement
À mi-parcours, le Festival de Cannes 2026 confirme son rôle central dans le paysage cinématographique mondial. Entre films marquants, débats sur l’IA et tensions autour de l’influence des grands groupes, cette édition reflète les enjeux actuels du cinéma. Les prochains jours permettront de découvrir d’autres films en compétition et de suivre l’évolution des polémiques en cours. Le palmarès sera dévoilé le 23 mai, après le vote du jury présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook.