Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir détruit 556 drones ukrainiens entre 22h00 et 07h00 locales, puis 30 autres entre 07h00 et 09h00, au-dessus de 14 régions russes ainsi que de la Crimée annexée et des mers Noire et d’Azov. Selon les autorités locales, quatre personnes ont été tuées : une femme et deux hommes dans la région de Moscou, ainsi qu’un homme dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine. À Moscou même, une frappe a blessé 12 personnes, principalement des ouvriers d’un chantier proche d’une raffinerie.
Une attaque d’une ampleur inédite
Cette opération est présentée par plusieurs médias comme l’une des attaques ukrainiennes les plus massives depuis le début du conflit en février 2022. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ces frappes d’« entièrement justifiées », en réponse aux bombardements russes sur Kiev dans la nuit du 14 au 15 mai, qui avaient fait au moins 24 morts. « Nos réponses face à la prolongation de la guerre par la Russie et à ses attaques contre nos villes et nos communautés sont entièrement justifiées », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
« Le même bilan est attribué à la fois à la défense russe et à l’offensive ukrainienne, sans que les chiffres ne soient consolidés par une source indépendante. »
Les cibles et les conséquences
Les drones ukrainiens ont visé plusieurs infrastructures, dont une raffinerie près de Moscou. Selon le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, la production de la raffinerie n’a pas été perturbée, mais trois immeubles résidentiels ont été endommagés. Dans la région de Belgorod, un camion a été touché, causant la mort d’un homme. Les autorités ukrainiennes ont également indiqué avoir intercepté 279 drones russes sur les 287 lancés durant la même nuit.
Une escalade après une trêve de trois jours
Cette attaque intervient après une trêve de trois jours négociée sous l’égide des États-Unis, qui avait permis une pause dans les bombardements massifs loin du front à l’occasion des commémorations en Russie de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les frappes ont repris dès l’expiration de cette trêve, dans la nuit du 12 au 13 mai. Les négociations pour mettre fin au conflit, menées sous médiation américaine, sont actuellement au point mort, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l’Iran.
Les capacités ukrainiennes en question
Plusieurs médias soulignent que cette attaque marque une évolution dans les capacités ukrainiennes. Les drones utilisés auraient permis de frapper des cibles situées jusqu’à 2 000 kilomètres de la frontière ukrainienne, une distance jugée jusqu’ici hors de portée. Selon un commandant des forces de systèmes sans pilote de l’armée ukrainienne, Robert Brovdi, la priorité de Kiev est désormais le « renforcement constant de l’emploi de capacités de frappe à longue portée ».
« La portée revendiquée des drones ukrainiens et la localisation des frappes relèvent de déclarations attribuées, sans confirmation indépendante à ce stade. »
Une riposte dans un contexte tendu
Cette attaque survient dans un contexte marqué par une intensification des frappes de part et d’autre. Les autorités ukrainiennes avaient prévenu vendredi qu’elles viseraient « l’industrie pétrolière russe, sa production militaire et ceux qui sont directement responsables des crimes de guerre commis contre l’Ukraine ». Pour sa part, la Russie continue de cibler des infrastructures ukrainiennes, notamment à Kiev, où les dernières frappes ont fait 24 morts.
Prochaines étapes
Les prochains jours devraient permettre d’évaluer l’impact réel de cette attaque sur les capacités militaires et industrielles russes, ainsi que sur la dynamique du conflit. Les bilans humains et matériels restent pour l’instant attribués aux déclarations des parties engagées, sans possibilité de vérification indépendante.