L’Union Bordeaux-Bègles (UBB) a conservé son titre de championne d’Europe de rugby en s’imposant face au Leinster (41-19) en finale de la Champions Cup, samedi 23 mai au stade San Mamés de Bilbao. Les Girondins, tenants du titre, ont marqué cinq essais dès la première mi-temps (35-7), étouffant leurs adversaires irlandais avant de gérer la fin de match. Ce succès leur permet de rejoindre le cercle restreint des clubs ayant remporté deux titres européens d’affilée.
Une première mi-temps étouffante pour sceller la victoire
Dès les premières minutes, l’UBB a imposé son rythme. Après un essai initial du Leinster à la 9e minute, les Bordelais ont réagi par un essai de Maxime Lucu (14e), puis de Pablo Uberti (19e). Louis Bielle-Biarrey, élu meilleur joueur de la compétition, a ensuite inscrit un doublé (25e et 30e), tandis que Yoram Moefana a conclu la série (35-7 à la mi-temps). Le Leinster, quadruple vainqueur de l’épreuve, n’a jamais trouvé de solution face à la défense agressive et à l’attaque fluide des Français.
« On a fait quelque chose de très grand. Ce deuxième titre, c’est encore plus fort que l’an dernier », a déclaré Maxime Lucu, capitaine de l’équipe, après le match. Le demi de mêlée, souvent comparé à Antoine Dupont, a été l’un des artisans majeurs de cette victoire, avec une performance saluée par la presse britannique.
« Le même score final peut masquer deux réalités distinctes : une domination nette en première période et une gestion prudente en seconde. »
Bielle-Biarrey, meilleur joueur de la compétition, et une équipe en état de grâce
Louis Bielle-Biarrey, auteur de dix essais cette saison en Champions Cup, a été désigné meilleur joueur de la compétition. L’ailier, également évoqué pour un avenir politique par son manager Yannick Bru (« Il est beau gosse, diplômé, il va finir ministre des Sports ! »), a confirmé son statut de joueur clé. Avec 34 essais en 30 matchs cette saison, il incarne la jeunesse et le talent d’une équipe bordelaise qui compte aussi dans ses rangs Matthieu Jalibert, Pablo Uberti ou encore Cameron Woki, malgré la blessure de ce dernier en cours de match.
L’UBB devient la troisième équipe française à remporter deux Champions Cup consécutives, après Toulon (2013-2015) et La Rochelle (2022-2023). Avec 48 essais marqués cette saison, un record pour la compétition, les Girondins ont affiché une supériorité technique et physique qui a forcé l’admiration, y compris chez leurs adversaires. « C’est un véritable carnage », a résumé un quotidien irlandais, tandis que la presse française a parlé de « triomphe total ».
Une qualification en Top 14 encore incertaine malgré l’exploit européen
Malgré cette performance européenne, l’UBB reste cinquième du Top 14 et doit encore assurer sa qualification pour les phases finales. Le président du club, Laurent Marti, a exprimé ses craintes quant à l’impact des célébrations sur la fin de saison : « Yannick a complètement échoué ! Les festivités pourraient coûter cher. » Le manager Yannick Bru a toutefois fixé des limites à ses joueurs, évoquant « deux grosses journées de festivités, une troisième pour éteindre l’incendie ».
Le club bordelais a été accueilli en héros à son retour à Bordeaux dimanche 24 mai, avec des milliers de supporters rassemblés pour célébrer ce deuxième titre. Une parade a été organisée au stade Chaban-Delmas, marquant l’entrée de l’UBB dans une nouvelle dimension du rugby européen.
Un bilan européen sans appel, mais des défis nationaux à relever
Avec ce deuxième titre consécutif, l’Union Bordeaux-Bègles confirme son statut de nouvelle puissance du rugby européen. Le club a affiché une régularité impressionnante cette saison, avec une phase de groupes parfaite (20 points sur 20) et des victoires contre des adversaires de premier plan comme Toulouse (30-15 en demi-finale) ou Northampton (50-28 en phase de groupes).
Cependant, la fin de saison en Top 14 s’annonce tendue. Cinquièmes au classement, les Girondins doivent encore jouer deux matchs pour valider leur place en phases finales. Les célébrations, bien que méritées, pourraient peser sur la concentration des joueurs dans les prochains jours. Yannick Bru a insisté sur la nécessité de « passer à autre chose rapidement » pour ne pas compromettre la fin de saison.
La performance de l’UBB s’inscrit dans une domination française sur le rugby européen, avec six titres consécutifs remportés par des clubs du Top 14. Le club bordelais, longtemps considéré comme un outsider, a désormais rejoint le cercle des grands, avec une équipe jeune et talentueuse capable de rivaliser avec les meilleures formations du continent.