La Russie a mené une attaque aérienne d’ampleur contre Kiev et sa région dans la nuit du 23 au 24 mai 2026, combinant drones et missiles. Selon les forces aériennes ukrainiennes, 600 drones et 90 missiles ont été lancés, dont 549 drones et 55 missiles ont été interceptés. Les frappes ont fait au moins quatre morts et plus de 80 blessés, selon un bilan provisoire des autorités locales. Parmi les armes utilisées figurait un missile Orechnik, un engin balistique hypersonique à capacité nucléaire, confirmé à la fois par Moscou et Kiev.
Une attaque combinant drones et missiles de dernière génération
Les frappes ont visé plusieurs infrastructures, dont des habitations, des bâtiments culturels et des sites liés au complexe militaro-industriel ukrainien. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a indiqué que l’un des missiles utilisés était un Orechnik, une arme de portée intermédiaire présentée par la Russie comme invincible face aux systèmes de défense aérienne. Le ministère russe de la Défense a confirmé l’utilisation de ce missile, précisant que les cibles étaient exclusivement militaires.
« Les plus grandes destructions ont eu lieu à Kiev, cible principale de l’attaque russe », a déclaré Volodymyr Zelensky. Des journalistes sur place ont rapporté des explosions intenses, des bâtiments résidentiels endommagés et un centre commercial incendié. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a fait état d’une école touchée et d’un abri anti-aérien bloqué par des débris.
« Le même missile est présenté comme une arme de dissuasion par Moscou et comme une escalade par Kiev et ses alliés. »
L’Orechnik, un missile hypersonique à capacité nucléaire
L’Orechnik (ou Oreshnik) est un missile balistique hypersonique de portée intermédiaire, capable d’emporter une ogive nucléaire ou conventionnelle. Selon les informations disponibles, il peut atteindre des vitesses supérieures à Mach 5 et frapper des cibles à plusieurs milliers de kilomètres. La Russie l’avait déjà utilisé à deux reprises depuis le début de la guerre en Ukraine : en novembre 2024 contre une usine militaire et en janvier 2026 contre une usine aéronautique près des frontières de l’OTAN. Dans les deux cas, les missiles n’étaient pas équipés d’ogives nucléaires.
« Ce missile peut menacer la quasi-totalité de l’Europe », a estimé un expert cité par plusieurs médias. Sa portée et sa vitesse en font une arme difficile à intercepter, bien que les autorités ukrainiennes aient affirmé en avoir abattu une partie lors de l’attaque. Le Kremlin présente l’Orechnik comme une réponse aux livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine et aux frappes ukrainiennes sur son territoire.
Réactions internationales et menaces de nouvelles frappes
Plusieurs pays occidentaux ont réagi à l’utilisation de l’Orechnik. La France, l’Allemagne et l’Italie ont dénoncé une « escalade » et une « fuite en avant » de la Russie. Le président français, Emmanuel Macron, a condamné « l’impasse de la guerre d’agression » menée par Moscou. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié l’attaque de « tactique d’intimidation ».
« Notre détermination à continuer de soutenir l’Ukraine et à renforcer la sécurité de l’Europe n’en est que renforcée », a écrit Emmanuel Macron. De son côté, Volodymyr Zelensky a appelé les alliés à accélérer les livraisons de systèmes de défense aérienne. « Les livraisons de missiles ne doivent pas s’interrompre un seul jour », a-t-il déclaré.
Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé lundi 25 mai que de nouvelles frappes « systématiques » seraient menées contre les « centres de décision » à Kiev, invitant les ressortissants étrangers et les diplomates à quitter la capitale ukrainienne. « Nous attaquerons systématiquement les entreprises militaires ainsi que les centres de prise de décision et de commandement à Kiev », a indiqué Moscou.
Un bilan encore provisoire et des tensions persistantes
Le bilan des frappes reste provisoire, les autorités ukrainiennes continuant d’évaluer les dégâts. Selon le président Zelensky, près de 300 infrastructures ont été touchées, dont la moitié sont des habitations. Les services de secours ukrainiens luttent toujours contre des incendies dans plusieurs quartiers de la capitale.
L’utilisation de l’Orechnik marque une nouvelle étape dans l’escalade militaire entre la Russie et l’Ukraine. Si Moscou affirme n’avoir visé que des cibles militaires, Kiev et ses alliés dénoncent des attaques contre des infrastructures civiles. Les prochains jours pourraient voir une intensification des frappes, alors que la Russie a annoncé son intention de cibler systématiquement les centres de commandement ukrainiens.
Les systèmes de défense aérienne ukrainiens, renforcés par les livraisons occidentales, ont permis d’intercepter une partie des missiles et drones, mais leur capacité à contrer des armes comme l’Orechnik reste limitée. La communauté internationale attend désormais les prochaines décisions des alliés de Kiev, notamment en matière de livraisons d’armes et de soutien logistique.