Les négociations entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février 2026 par une attaque américano-israélienne, semblent avoir franchi une étape significative. Le président américain Donald Trump a annoncé samedi 23 mai qu’un accord avait été "largement négocié" et restait "sous réserve d’être finalisé". Ce compromis inclurait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Un accord en plusieurs volets, mais des divergences majeures
Selon les informations disponibles, l’accord en discussion prévoit plusieurs mesures clés. D’une part, la réouverture du détroit d’Ormuz, actuellement bloqué par l’Iran depuis le début du conflit, permettrait de rétablir le transit d’environ 20 % des hydrocarbures consommés dans le monde. D’autre part, le dégel partiel des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi qu’un assouplissement des sanctions pesant sur les exportations pétrolières iraniennes, sont également évoqués.
Cependant, des divergences persistent entre les deux parties. L’Iran insiste pour que le détroit d’Ormuz reste sous son contrôle, une position rejetée par les États-Unis. Téhéran demande également la levée immédiate d’une partie de ses avoirs gelés, tandis que Washington souhaite un mécanisme progressif. Enfin, la question du nucléaire iranien, exclue des discussions actuelles selon Téhéran, reste un sujet de tension, notamment avec Israël, qui exige son inclusion dans tout accord final.
« Le même projet d’accord est présenté différemment par les deux parties : pour les États-Unis, il s’agit d’une réouverture du détroit, tandis que pour l’Iran, il s’agit de maintenir son contrôle sur cette voie maritime stratégique. »
Des négociations sous médiation internationale
Les discussions se déroulent sous l’égide de plusieurs médiateurs, dont le Pakistan, qui a accueilli une première séance de négociations le 11 avril, et le Qatar, dont une délégation s’est rendue à Téhéran vendredi 22 mai. Le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, a rencontré des responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, pour tenter de faire avancer les pourparlers.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué dimanche 24 mai qu’une annonce pourrait être faite "dans les prochaines heures", tout en précisant que les États-Unis ne souhaitaient pas "se précipiter". De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a reconnu des "progrès" mais a écarté l’hypothèse d’un accord imminent, accusant Washington de "positions contradictoires".
Un contexte régional tendu
La guerre au Moyen-Orient a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le Hezbollah, soutenu par Téhéran, est engagé dans des affrontements avec Israël. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis, mais les violences se poursuivent au Liban, où Israël multiplie les frappes malgré une trêve avec le Hezbollah.
Israël, qui n’a pas été associé aux négociations, exprime des inquiétudes quant à un accord qui ne réglerait pas la question nucléaire. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que tout accord final devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", une exigence que l’Iran refuse d’aborder à ce stade.
Des enjeux économiques mondiaux
Le blocage du détroit d’Ormuz a eu des répercussions majeures sur l’économie mondiale, faisant flamber les prix du pétrole et perturbant les chaînes d’approvisionnement. La perspective d’une réouverture du détroit a déjà entraîné une baisse des cours du brut, le Brent de la mer du Nord perdant plus de 5 % lundi 25 mai pour repasser sous la barre des 100 dollars le baril.
Cependant, les marchés restent prudents, dans l’attente d’une confirmation officielle de l’accord. Les tensions persistent également sur le front libanais, où les frappes israéliennes continuent, malgré les appels à la désescalade.
Un accord encore incertain, mais des espoirs de désescalade
À ce stade, les négociations entre les États-Unis et l’Iran semblent avoir progressé, mais plusieurs points de blocage subsistent. La gestion du détroit d’Ormuz, le dégel des avoirs iraniens et l’inclusion de la question nucléaire dans un accord final restent des sujets de divergence. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si un compromis peut être trouvé, permettant une désescalade durable dans la région.
Les médiateurs internationaux, notamment le Pakistan et le Qatar, continuent de jouer un rôle clé pour rapprocher les positions des deux parties. Cependant, les tensions régionales, notamment au Liban, pourraient compliquer la conclusion d’un accord global. Les marchés financiers, quant à eux, restent attentifs à l’évolution des discussions, dans l’espoir d’une stabilisation des prix de l’énergie.