L’armée israélienne a mené une série de frappes aériennes et terrestres au Liban et dans la bande de Gaza le 26 mai 2026, dans un contexte de tensions persistantes malgré un cessez-le-feu théorique en vigueur depuis avril. Au Liban, au moins 31 personnes, dont quatre enfants et trois femmes, ont été tuées dans des bombardements ciblant les régions de Tyr et de Nabatiyé, selon le ministère libanais de la Santé. À Gaza, Israël a annoncé avoir éliminé Mohammed Odeh, présenté comme le nouveau chef de la branche armée du Hamas, dans une frappe menée la veille.
Frappes meurtrières au Liban et extension des opérations terrestres
Les frappes israéliennes au Liban ont touché plusieurs localités du sud du pays, notamment près de Tyr et de Nabatiyé, où 14 personnes ont été tuées dans le village de Bourj Al-Chemali. L’armée israélienne a déclaré avoir frappé « plus de 150 infrastructures et “terroristes” du Hezbollah » dans ces zones, tout en ordonnant l’évacuation de cinq villages. Selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI), des raids ont également visé la vallée de la Bekaa, dans l’est du pays.
L’armée israélienne a étendu ses opérations terrestres au-delà de la « ligne jaune », une zone de sécurité qu’elle avait établie à une dizaine de kilomètres de la frontière libanaise. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a affirmé que ces opérations visaient à « écraser » le Hezbollah et à « protéger les localités du nord d’Israël ». Le Hezbollah a annoncé des « affrontements directs » avec les forces israéliennes près de Zawtar el-Charqiyé, une localité située à la lisière de la « ligne jaune ».
« Les ordres d’évacuation et les frappes ciblent des zones civiles, tandis que les bilans humains restent attribués aux autorités locales sans confirmation indépendante. »
Israël revendique l’élimination du chef militaire du Hamas à Gaza
À Gaza, Israël a annoncé avoir tué Mohammed Odeh, présenté comme le nouveau chef de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, dans une frappe menée mardi soir. Selon un communiqué conjoint de l’armée israélienne et du Shin Bet (service de sécurité intérieure), Odeh avait succédé à Ezzedine al-Haddad, éliminé le 15 mai dans une précédente frappe. Le Hamas a confirmé la mort d’Odeh dans un communiqué, le qualifiant de « grand commandant et héros martyr », sans toutefois confirmer officiellement son rôle à la tête de la branche armée.
« Nous nous sommes engagés à éliminer tous ceux qui ont dirigé le massacre du 7 octobre, et c’est ce que nous ferons », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, sur le réseau social X. La frappe, qui a visé un immeuble résidentiel dans la ville de Gaza, a également causé la mort de l’épouse et de deux enfants d’Odeh, selon le Hamas. La Défense civile de Gaza a fait état de six morts et d’une vingtaine de blessés dans cette attaque.
Un cessez-le-feu théorique mais des violations quotidiennes
Ces opérations interviennent malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril au Liban et depuis octobre 2025 à Gaza. Les deux parties s’accusent mutuellement de violer cette trêve. L’Iran, allié du Hezbollah et du Hamas, a accusé les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines dans le sud du pays. De son côté, Israël justifie ses actions par la nécessité de « répondre aux menaces » posées par le Hezbollah et le Hamas.
Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation face à l’escalade des violences. Un porte-parole du secrétaire général, Farhan Haq, a indiqué que les casques bleus déployés au Liban avaient enregistré « 91 violations de l’espace aérien » en une seule journée, ainsi que « 399 tirs » attribués à l’armée israélienne et « 11 trajectoires de projectiles » attribués au Hezbollah.
Prochaines étapes et incertitudes
Les prochains jours pourraient voir une intensification des tensions, notamment avec la tenue prévue d’une réunion militaire entre Israël et le Liban au Pentagone le 31 mai, ainsi que de nouvelles négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin. La délégation libanaise, dirigée par le général Georges Rizkallah, a indiqué qu’elle insisterait sur la nécessité de « mettre fin aux hostilités » et de « restreindre les armes du Hezbollah ».
À Gaza, la situation humanitaire reste critique, avec des milliers de déplacés et des infrastructures détruites. Les Palestiniens célèbrent l’Aïd al-Adha dans des conditions précaires, tandis que les prix des denrées alimentaires, notamment de la viande, restent prohibitifs en raison des pénuries et des destructions. Le bilan global des victimes à Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023 s’élève à plus de 72 800 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas.
Les déclarations des acteurs régionaux et internationaux laissent planer des incertitudes sur la suite des événements. Si les États-Unis et l’Iran semblent chercher une issue diplomatique, les opérations militaires israéliennes au Liban et à Gaza pourraient compliquer les efforts de désescalade. Les prochaines annonces des parties prenantes, ainsi que les réactions des populations civiles, seront déterminantes pour l’évolution de la situation.