Le tournoi de Roland-Garros a entamé son deuxième tour mercredi 27 mai sous une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures atteignant 33°C à l’ombre. Cette situation a affecté les conditions de jeu et la santé des joueurs, entraînant des éliminations surprises et des scènes de détresse physique.
Rybakina et Paolini éliminées dès le deuxième tour
La Kazakhstanaise Elena Rybakina, numéro 2 mondiale et récente lauréate de l’Open d’Australie, a été éliminée en trois sets (3-6, 6-1, 7-6 [4]) par l’Ukrainienne Yuliia Starodubtseva, 55e au classement WTA. Rybakina a connu une baisse de régime en début de deuxième set, avant de s’incliner au super tie-break. « Ce n’est pas vraiment la chaleur qui m’a affectée physiquement, c’était plutôt le fait que je n’arrivais pas à trouver l’équilibre ni les bons coups », a-t-elle déclaré.
Dans le même tableau féminin, la finaliste de l’édition 2024, Jasmine Paolini (13e mondiale), a également été battue en trois manches par l’Argentine Solana Sierra (68e). Ces éliminations précoces contrastent avec les performances d’Iga Swiatek, quadruple lauréate à Paris, qui s’est imposée 6-2, 6-3 face à la Tchèque Sara Bejlek.
Des joueurs en souffrance physique sous la canicule
Plusieurs joueurs ont subi les effets de la chaleur, notamment le Tchèque Jakub Mensik, 27e mondial. Après une victoire en cinq sets (6-4, 6-7 [5], 6-3, 3-6, 7-5) contre l’Argentin Mariano Navone en 4h40, Mensik s’est effondré sur le court, victime de crampes. « C’est insensé de jouer avec cette chaleur, de passer plus de 4h30 sous ce soleil », a-t-il déploré après le match. Les secouristes ont dû intervenir pour le relever.
Novak Djokovic, 4e mondial, a également exprimé son épuisement après sa victoire en quatre sets (6-3, 6-2, 6-7 [7-9], 6-3) contre le Français Valentin Royer. « C’était un match difficile, long, très épuisant. Physiquement, j’ai dépensé de l’énergie, il faisait très chaud », a-t-il indiqué. Le Serbe a suggéré que les matches en soirée soient repoussés de quelques heures en cas de canicule, comme cela se pratique en Australie.
« Le même tournoi est présenté à la fois comme une compétition sportive et comme un défi physique extrême, avec des conditions qui modifient les rebonds et la dynamique des échanges. »
Les Français en ordre dispersé
Quentin Halys est devenu le premier Français qualifié pour le troisième tour après sa victoire en trois sets contre Ugo Humbert (6-4, 3-6, 6-3). En revanche, Valentin Royer, après avoir sauvé quatre balles de match contre Djokovic, a finalement été éliminé. Le Monégasque Valentin Vacherot, 19e mondial, a quant à lui déclaré forfait en raison d’une blessure au pied gauche.
Moïse Kouamé, 17 ans, a créé la sensation en battant l’ancien finaliste Marin Čilić au premier tour, mais s’est incliné en double avec son partenaire Giovanni Mpetshi Perricard. Loïs Boisson, demi-finaliste surprise en 2025, a été éliminée dès son entrée en lice par la Russe Anna Kalinskaya (6-2, 6-2).
Un tournoi marqué par des conditions extrêmes
Les températures élevées ont modifié les caractéristiques de la terre battue, rendant les balles plus rapides et les rebonds plus hauts. « Il a fallu que je change tout mon jeu », a expliqué un joueur sous couvert d’anonymat. Le protocole « chaleurs extrêmes » de Roland-Garros, qui prévoit des pauses de dix minutes, n’a pas encore été activé, faute d’avoir franchi le seuil requis.
Les prochains jours s’annoncent tout aussi éprouvants, avec des matches programmés en journée sous des températures similaires. La publication des horaires ajustés et l’éventuelle activation du protocole dépendront des conditions météorologiques. Les performances des favoris, comme Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, seront à suivre de près, tout comme la capacité des joueurs à s’adapter à ces conditions inédites.