La finale de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain (PSG) et Arsenal, prévue samedi 30 mai au Stade de France, a conduit les autorités à mobiliser un dispositif sécuritaire exceptionnel. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a détaillé mercredi 27 mai un déploiement de 22 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire, dont 8 000 dans l’agglomération parisienne. Ce chiffre représente une augmentation significative par rapport à l’édition précédente, où 5 400 forces de l’ordre avaient été mobilisées dans la capitale.
Un dispositif concentré sur Paris et les Champs-Élysées
À Paris, le dispositif sera particulièrement visible sur les Champs-Élysées, avenue traditionnellement investie par les supporters en cas de victoire. La maire du 8e arrondissement, Catherine Lécuyer, a demandé une « saturation » de l’espace public par les forces de l’ordre et exigé le « zéro casse ». Plusieurs mesures ont été annoncées : fermeture des terrasses et commerces, bouclage de l’Arc de Triomphe, et interdiction de toute parade officielle sur l’avenue. « Aucune parade n’est prévue sur les Champs-Élysées », a précisé la mairie du 8e arrondissement, évoquant un risque de « guérillas urbaines » lors des précédentes célébrations.
La préfecture de police a également indiqué que le Champ-de-Mars, dans le 7e arrondissement, pourrait accueillir une éventuelle célébration, bien que cette hypothèse suscite des réticences parmi les riverains. « On est puni ! », a déclaré un habitant du quartier, cité par Le Parisien.
« Le même périmètre est présenté comme un lieu de liesse possible et comme une zone à haut risque pour l’ordre public. »
Un match considéré comme « à haut risque » par le ministère
Laurent Nuñez a qualifié cette finale de « match à haut risque pour l’ordre public », justifiant ainsi l’ampleur du déploiement. Le ministre a souligné que ce dispositif visait à prévenir d’éventuels débordements, tout en maintenant l’avenue des Champs-Élysées ouverte aux piétons. « L’objectif est d’assurer la sécurité des supporters et des riverains, sans entraver les célébrations pacifiques », a-t-il déclaré.
Le PSG a tenu à se distancier des risques de violences, affirmant que « les casseurs n’ont rien à voir avec [le club] ». Dans un communiqué, le club a appelé ses supporters à « célébrer dans le respect des règles et des autres ».
Un contexte marqué par d’autres événements publics
Le déploiement sécuritaire intervient dans un contexte chargé pour la capitale, qui accueille simultanément le tournoi de Roland-Garros. La préfecture de police a indiqué que ces deux événements avaient motivé une coordination renforcée entre les différents services. À Londres, où se trouvent de nombreux supporters du PSG, les autorités locales ont également signalé une présence accrue des fans parisiens, qualifiant la situation de « régal » pour les supporters du club français.
Sur le plan sportif, les deux équipes abordent la finale avec des effectifs quasi au complet. Noni Madueke, ailier d’Arsenal, devrait être disponible après une blessure à la cuisse contractée lors du dernier match de Premier League. Côté parisien, Presnel Kimpembe a été choisi comme ambassadeur pour apporter le trophée avant le coup d’envoi, une décision saluée par la Ville de Paris. « Continuez à nous faire rêver », a déclaré Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire de Paris, dans un message adressé aux joueurs.
Un dispositif sans précédent, mais des incertitudes persistantes
Si le déploiement de 22 000 forces de l’ordre constitue un record pour une finale de Ligue des champions en France, son efficacité dépendra en partie du comportement des supporters. Les autorités ont insisté sur la nécessité de distinguer les célébrations pacifiques des actes de violence, une ligne de conduite déjà appliquée lors des précédentes éditions. Le bilan définitif du dispositif ne sera connu qu’après la rencontre, mais les retours des forces de l’ordre sur le terrain permettront d’évaluer son adéquation avec les risques identifiés.
Par ailleurs, la question d’une éventuelle parade en cas de victoire du PSG reste en suspens. Si les Champs-Élysées sont d’ores et déjà exclus, d’autres lieux comme le Champ-de-Mars ou la Tour Eiffel – qui scintillera aux couleurs du club – pourraient être envisagés. Les décisions finales dépendront des conditions de sécurité observées dans la nuit de samedi à dimanche.