La neuvième édition du sommet Choose France, dédié à l’attractivité économique de la France, a enregistré un montant record de 93 milliards d’euros d’investissements étrangers annoncés. Ce chiffre, dévoilé par le président Emmanuel Macron lors d’une allocution depuis l’Élysée, dépasse les engagements cumulés des huit précédentes éditions, qui s’élevaient à 87 milliards d’euros. Ces investissements, liés à 71 projets distincts, doivent permettre la création ou la préservation de plus de 15 600 emplois en France.
Un sommet marqué par des engagements massifs dans l’intelligence artificielle
Le projet le plus important de cette édition provient du groupe japonais SoftBank, qui a annoncé un investissement de 75 milliards d’euros dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA). Ce montant, révélé dès samedi par le président de SoftBank, Masayoshi Son, représente à lui seul près de 80 % du total des engagements de cette année. Le projet prévoit la construction de centres de données dans les Hauts-de-France, avec un premier palier de 45 milliards d’euros d’ici à 2031, en partenariat avec le groupe français Schneider Electric.
« Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle », a déclaré Masayoshi Son dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche. Le président français a précisé que « d’autres sites ont été identifiés » pour atteindre l’objectif final de 75 milliards d’euros, sans donner plus de détails sur leur localisation.
« Le même projet est présenté comme un investissement dans l’IA et comme une infrastructure énergétique et logistique. »
D’autres annonces majeures dans les secteurs technologique et industriel
Outre SoftBank, plusieurs autres entreprises ont confirmé des investissements significatifs. Le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield a annoncé un engagement supplémentaire de 10 milliards d’euros dans les infrastructures liées à l’IA, portant son investissement total en France à 30 milliards d’euros. La société d’investissement Ardian et la plateforme nordique de centres de données Verne prévoient quant à elles un investissement de 5 milliards d’euros pour développer un « campus d’infrastructures numériques » en Île-de-France.
Dans le secteur industriel, le groupe taïwanais Foxconn a confirmé un investissement de 120 millions d’euros à Angers pour lancer une ligne de production de cartes mères dédiées à l’IA, en partenariat avec le spécialiste français des supercalculateurs Bull. Le géant américain Amazon a également annoncé trois nouveaux sites logistiques en France, représentant 1 000 emplois supplémentaires en CDI, en plus des 7 000 déjà promis dans le cadre d’un plan d’investissement de 15 milliards d’euros sur trois ans.
« Amazon renforce sa présence en France avec trois nouveaux sites logistiques en Pays de la Loire, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine », indique un communiqué du groupe.
Des engagements dans des secteurs variés, de la santé à l’agroalimentaire
Le sommet a également permis d’annoncer des investissements dans des secteurs moins technologiques. Le laboratoire suisse Stallergenes Greer a ainsi confirmé un investissement de 125 millions d’euros d’ici à 2030 sur son site de production en région parisienne, spécialisé dans les traitements de désensibilisation. Le groupe agroalimentaire Mars a annoncé un investissement de 100 millions d’euros répartis sur plusieurs sites français, dont 30,6 millions d’euros pour moderniser son campus de Royal Canin à Aimargues (Gard).
Le groupe italien Ferrero a quant à lui confirmé un investissement de 60 millions d’euros pour développer une nouvelle ligne de production de Nutella Cookies sur ses sites de Villers-Écalles (Normandie) et Nieppe (Hauts-de-France). Enfin, le groupe sidérurgique italien Marcegaglia a annoncé un investissement supplémentaire de 600 millions d’euros pour son projet Mistral à Fos-sur-Mer, portant l’enveloppe totale à 1,2 milliard d’euros.
Un bilan contrasté et des interrogations sur la concrétisation des projets
Si les annonces de cette édition sont présentées comme historiques, leur concrétisation reste soumise à plusieurs incertitudes. Le directeur général de Business France, Louis Margueritte, a indiqué que « plus de la moitié » des projets annoncés depuis 2018 étaient « sortis de terre », sans préciser le taux d’exécution des engagements financiers. Certains observateurs soulignent par ailleurs que les montants annoncés lors des sommets Choose France sont souvent supérieurs aux investissements effectivement réalisés.
« Sur le papier, ça s’annonce très prometteur. Mais le bilan reste très mitigé et très contrasté », a déclaré Olivier Rietmann, président de la délégation aux entreprises du Sénat, sur Public Sénat. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a pour sa part insisté sur la nécessité de « rendre ça réel », soulignant que les annonces ne devaient pas rester « que des promesses ».
Le sommet Choose France, créé en 2018 par Emmanuel Macron, a permis d’annoncer plus de 230 projets depuis sa première édition, représentant un total de 87 milliards d’euros d’investissements et 50 000 emplois industriels nouveaux, selon les chiffres de l’Élysée. La France reste, pour la septième année consécutive, le pays européen attirant le plus d’investissements étrangers, avec 852 projets recensés en 2025 par le cabinet EY, bien que ce chiffre soit en recul de 17 % par rapport à 2024.
Les prochaines étapes dépendront de la capacité des entreprises à finaliser leurs projets et de la poursuite de cette dynamique après le départ d’Emmanuel Macron, prévu en 2027. Le président a toutefois souligné que ces investissements constituaient « une preuve concrète de l’attractivité de la France », fruit selon lui des réformes engagées depuis 2017.