La troisième semaine de Roland-Garros 2026 a débuté par l’élimination de la dernière représentante française, Diane Parry, battue en huitièmes de finale par la Polonaise Maja Chwalinska (6-3, 6-2). La journée a également été marquée par les qualifications d’Aryna Sabalenka et Naomi Osaka pour les quarts de finale, ainsi que par une sanction financière contre le joueur paraguayen Adolfo Daniel Vallejo pour des déclarations sexistes.
Fin de parcours pour les Français, Parry éliminée en huitièmes
Diane Parry, 92e mondiale et dernière Française encore en lice dans le tournoi, a été battue par Maja Chwalinska (114e) en deux sets (6-3, 6-2) sur le court Philippe-Chatrier. La Polonaise, issue des qualifications, a dominé la rencontre grâce à un jeu varié, alternant amorties et coups gagnants. Parry, gênée par les variations de son adversaire, a commis 30 fautes directes en coup droit.
« Je n’avais peut-être pas assez d’énergie pour produire assez de puissance, être assez bien placée », a déclaré Parry après le match. « Sa manière de jouer m’a beaucoup dérangée. Je n’ai pas réussi à m’appuyer sur sa balle. » Malgré cette défaite, la joueuse de 23 ans a souligné les progrès réalisés après une année 2025 marquée par une blessure au genou. « Il y a un mois, si on m’avait dit que j’en serais là aujourd’hui, j’aurais signé. »
Avec cette élimination, aucun Français ne figure plus dans les tableaux de simple dames et messieurs. Parry, qui avait battu l’Américaine Amanda Anisimova (6e mondiale) au tour précédent, devient la nouvelle numéro 1 française au classement WTA.
Sabalenka et Osaka en quarts après une session nocturne historique
Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, s’est qualifiée pour les quarts de finale en dominant Naomi Osaka (7-5, 6-3) lors de la première session nocturne féminine du tournoi depuis 2023. La Biélorusse, finaliste en 2025, a imposé son jeu puissant (12 aces, 39 coups gagnants) face à l’ancienne numéro 1 mondiale, qui disputait son premier huitième de finale à Roland-Garros.
« J’espère que l’on a ouvert la porte pour ces sessions de nuit féminines », a déclaré Sabalenka après sa victoire. « C’est important pour le tennis féminin d’avoir cette visibilité. » Osaka, quadruple vainqueure en Grand Chelem, a reconnu la supériorité de son adversaire : « Elle a été trop forte aujourd’hui. J’ai fait trop de fautes, surtout sur mes deuxièmes services. »
Chez les hommes, Félix Auger-Aliassime (6e mondial) a remporté son huitième de finale contre le Chilien Alejandro Tabilo (6-3, 7-5, 6-1) et atteint pour la première fois les quarts de finale à Paris. Le Canadien, qui affrontera l’Italien Flavio Cobolli, a salué sa performance : « C’est le meilleur tennis que j’ai joué depuis le début du tournoi. »
« Le même match est présenté comme une performance pour Sabalenka et comme une renaissance pour Osaka, alors que les deux joueuses ont atteint les quarts de finale. »
Une amende de 65 000 dollars pour des propos sexistes
Le joueur paraguayen Adolfo Daniel Vallejo a été condamné à une amende de 65 000 dollars (environ 55 000 euros) pour des propos sexistes tenus à l’encontre de l’arbitre brésilienne Ana Carvalho. Après sa défaite face au Français Moïse Kouamé au deuxième tour, Vallejo avait déclaré : « Ce genre de match doit être arbitré par un homme. Il faut beaucoup de force pour affronter la foule, c’est très difficile pour une femme. »
La directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, a réagi lors d’un point presse : « C’est clairement quelque chose qui n’est pas acceptable pour nous. Ce genre de propos n’a pas sa place ici. » L’amende représente environ la moitié des gains perçus par Vallejo à Roland-Garros. Le joueur a depuis présenté des excuses sur son compte Instagram : « J’ai du respect pour les arbitres et pour leur travail. Après une bataille de cinq heures, j’étais très émotif, je suis désolé. »
Cette sanction s’inscrit dans un contexte de sensibilisation aux questions de sexisme dans le tennis. En 2023, des hôtesses du tournoi avaient dénoncé des conditions de recrutement jugées discriminatoires, tandis qu’en 2018, l’ancien champion Ilie Năstase avait été suspendu pour des propos insultants.
Un tournoi marqué par les surprises et les polémiques
L’édition 2026 de Roland-Garros a été marquée par plusieurs surprises, notamment l’élimination précoce de têtes de série comme Coco Gauff (tenante du titre) ou Jannik Sinner (n°1 mondial chez les hommes). Le jeune Espagnol Rafael Jódar (19 ans) a créé la sensation en atteignant les quarts de finale dès sa première participation, tandis que l’Italien Matteo Berrettini, retombé au 105e rang mondial, a également décroché une place parmi les huit derniers.
La programmation d’un match féminin en session nocturne, une première depuis 2023, a été saluée par les joueuses et les observateurs. « C’est un pas en avant pour l’égalité dans le tennis », a estimé Aryna Sabalenka. Cependant, l’absence de Français en quarts de finale a relancé les débats sur la performance du tennis tricolore, malgré le parcours encourageant de Diane Parry et de Moïse Kouamé, éliminé au troisième tour.
La sanction contre Adolfo Daniel Vallejo rappelle les enjeux de respect et d’égalité dans le sport. Les organisateurs du tournoi ont souligné que les propos sexistes ne seraient pas tolérés, tandis que la ministre française chargée de l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, a réagi sur les réseaux sociaux : « La compétence n’a pas de genre. »
Les quarts de finale, qui débuteront mardi, détermineront les demi-finalistes. Aryna Sabalenka affrontera la Russe Diana Shnaider, tandis que Félix Auger-Aliassime tentera de poursuivre son parcours contre Flavio Cobolli. Le bilan des performances et des polémiques de cette édition restera à consolider dans les prochains jours.