Les négociations exclusives entre les trois principaux opérateurs français et Altice France, propriétaire de SFR, ont été prolongées jusqu’à dimanche 7 juin. Un communiqué commun publié vendredi 5 juin indique que les parties se donnent « un délai de 48 heures pour finaliser les accords », alors que le précédent échéancier expirait le même jour. Cette prolongation intervient après une offre conjointe présentée mi-avril, valorisant les actifs de SFR à 20,35 milliards d’euros en valeur d’entreprise.
Un consortium inédit pour une opération à plus de 20 milliards d’euros
Orange, Free et Bouygues Telecom ont formé un consortium pour racheter SFR, qui compte 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes. Cette alliance, sans précédent dans le secteur, vise à redistribuer les abonnés de SFR entre les trois acquéreurs. L’opération, si elle aboutit, réduirait le nombre d’opérateurs majeurs en France de quatre à trois, une configuration inédite depuis l’arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.
Les discussions, entamées il y a plusieurs mois, avaient déjà connu un premier report. Initialement fixée au 15 mai, la date limite des négociations exclusives avait été repoussée au 5 juin. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’un des points de blocage concerne la clause d’« earn out », qui prévoit un complément de prix en fonction de la performance future de l’entreprise rachetée.
« La valorisation initiale et les modalités de paiement final dépendent encore de paramètres liés à l’activité de SFR. »
Un calendrier encore soumis à des étapes réglementaires
En cas d’accord entre les parties, l’opération devra encore être soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de l’Autorité de la concurrence française ou de la Commission européenne reste à trancher. Une phase d’évaluation, qui pourrait durer environ 18 mois, s’ouvrirait alors. Les observateurs du secteur anticipent une possible hausse des tarifs, bien que son ampleur soit encore débattue.
Les salariés de SFR et des autres opérateurs ont exprimé des inquiétudes quant aux conséquences sociales de ce rachat. Aucune annonce officielle sur d’éventuelles suppressions d’emplois n’a toutefois été faite à ce stade. Altice France, dirigé par le milliardaire Patrick Drahi, n’a pas commenté les spéculations sur les répercussions sociales de la transaction.
Un accord encore dépendant de détails contractuels
Les quatre opérateurs ont souligné que l’hypothèse d’un abandon des discussions apparaissait « très improbable », après des mois d’échanges. Les contours précis de l’accord, notamment la répartition des actifs et des clients, doivent encore être précisés. La finalisation des documents contractuels, attendue d’ici dimanche, déterminera si l’opération peut entrer dans sa phase réglementaire.
Le marché français des télécommunications, marqué par une concurrence intense ces dernières années, pourrait connaître une reconfiguration majeure. Les prochains jours diront si les parties parviennent à surmonter les derniers obstacles techniques et financiers avant une éventuelle validation par les régulateurs.