Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont atteint un nouveau pic dans la nuit du 10 au 11 juin 2026, avec une série d’échanges de frappes militaires et de déclarations menaçantes. Selon le Commandement central américain (Centcom), les forces américaines ont visé « plusieurs cibles militaires iraniennes », incluant des installations de surveillance, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne à travers le pays. Ces frappes interviennent après que le président américain Donald Trump a accusé Téhéran de « tergiverser » dans les négociations en cours pour mettre fin au conflit.
Une riposte iranienne immédiate et des menaces sur le détroit d’Ormuz
En réponse, l’Iran a annoncé avoir mené des tirs de riposte contre des bases militaires américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne, ont affirmé avoir lancé douze missiles balistiques contre la base aérienne d’Al-Azrak en Jordanie, utilisée par les États-Unis. Par ailleurs, Téhéran a déclaré la fermeture totale du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », une décision qui pourrait perturber le transit d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
« Suite aux violations répétées du cessez-le-feu par l’ennemi américain, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre », ont déclaré les Gardiens de la révolution, cités par les médias d’État iraniens. Ils ont ajouté que « tout navire tentant de franchir le détroit sera considéré comme une collaboration avec l’ennemi ». Cette annonce a provoqué une hausse immédiate des cours du pétrole, le baril de Brent atteignant près de 95 dollars.
« La fermeture du détroit d’Ormuz est présentée comme une mesure de représailles, mais son impact économique dépasse le cadre régional. »
Des déclarations contradictoires de part et d’autre
Les déclarations des deux camps reflètent une escalade verbale parallèle aux frappes. Donald Trump a écrit sur son réseau social Truth Social que les États-Unis allaient frapper l’Iran « très fort ce soir », ajoutant que Washington prendrait « le contrôle total de leurs marchés pétroliers et gaziers », incluant l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a renchéri en déclarant que « si nous devons négocier à coups de bombes, nous négocierons avec des bombes ».
De son côté, le général Ali Abdollahi Aliabadi, chef de l’armée iranienne, a menacé d’une « guerre plus étendue » en cas de nouvelles attaques américaines. « Si les États-Unis tentent une nouvelle fois de mener des attaques contre l’Iran héroïque, ils s’exposeront à une riposte plus sévère qu’auparavant », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril était désormais « pratiquement dénué de sens », accusant Washington d’envoyer des « messages contradictoires » qui nuisent au processus diplomatique.
Un accord évoqué, puis démenti
Dans un revirement inattendu, Donald Trump a annoncé jeudi soir avoir trouvé « un très bon accord » avec l’Iran, approuvé selon lui par le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. Le président américain a évoqué une possible signature « en Europe dans les prochains jours ». Cependant, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a rapidement démenti cette information, affirmant que Téhéran n’avait « pas encore pris de décision définitive » concernant un accord.
« Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord », a réagi le porte-parole iranien. Cette contradiction a alimenté les spéculations sur la stratégie américaine, alors que les frappes se poursuivaient dans la région.
Un conflit aux répercussions régionales et mondiales
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran intervient après une période de relative accalmie depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril. Ce conflit, déclenché fin février par une opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, a déjà fait des milliers de victimes, notamment au Liban, où Israël mène des frappes contre le Hezbollah, allié de Téhéran. Plus de 3 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des hostilités, selon les autorités locales.
La fermeture du détroit d’Ormuz, si elle est effective, pourrait avoir des conséquences majeures sur les marchés énergétiques mondiaux. Les États-Unis, qui imposent déjà un blocus aux ports iraniens, ont démenti tout blocage du détroit, affirmant que « les navires commerciaux continuent de transiter ». Cependant, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir frappé deux navires tentant de franchir le détroit, sans que cette information n’ait été confirmée de manière indépendante.
Les prochaines heures seront cruciales pour déterminer si les deux parties parviendront à éviter une escalade majeure. Les déclarations contradictoires de Donald Trump, oscillant entre menaces militaires et annonces d’accord, laissent planer une incertitude sur la suite des événements. Les négociations, menées notamment par le Qatar, semblent pour l’instant dans l’impasse, chaque camp accusant l’autre de bloquer le processus.