Les États-Unis et l’Iran ont signé mercredi 17 juin un protocole d’accord mettant fin à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient. Le texte, paraphé à distance par les présidents Donald Trump et Massoud Pezeshkian, prévoit la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, la levée progressive des sanctions américaines et un engagement de Téhéran à diluer ses stocks d’uranium enrichi sous supervision internationale.
Un accord signé en marge du G7
Donald Trump a signé électroniquement le document depuis le château de Versailles, où il dînait avec le président français Emmanuel Macron. Le ministère des Affaires étrangères iranien a confirmé la signature par son président, Massoud Pezeshkian, tandis que le porte-parole du gouvernement, Esmaïl Baghaï, a annoncé la fin immédiate du blocus naval américain sur les ports iraniens. Une cérémonie officielle est prévue vendredi 19 juin en Suisse, au Bürgenstock, pour entériner l’accord.
« Je viens de le signer », a déclaré Donald Trump à la presse en quittant Versailles, pouce levé et sourire aux lèvres. Une vidéo publiée par la Maison-Blanche montre le président américain apposant sa signature aux côtés d’Emmanuel Macron. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a confirmé que le détroit d’Ormuz serait « instantanément » rouvert et que le blocus américain prendrait fin « immédiatement ».
« La réouverture du détroit et la levée des sanctions relèvent de deux temporalités distinctes, mais liées par un calendrier précis. »
Les 14 points du protocole d’accord
Le texte, dévoilé par un haut responsable américain, comprend 14 points. Il acte la cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et engage les deux pays à ne pas initier d’opérations militaires l’un contre l’autre. Les États-Unis s’engagent à lever progressivement leurs sanctions, tandis que l’Iran promet de ne pas se doter de l’arme nucléaire et de diluer ses stocks d’uranium enrichi sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
« Le fait qu’ils acceptent cela constitue une victoire majeure pour les États-Unis », a commenté le responsable américain, précisant que la méthode de dilution serait mise en œuvre « au minimum » sur place. L’Iran devra également rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz dans un délai de 30 jours, tandis que les États-Unis faciliteront la création d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l’Iran, sans y contribuer financièrement directement.
« Les États-Unis s’engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un plan définitif d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars », indique le texte. Ce fonds sera alimenté par des investisseurs privés et des pays du Golfe, sous réserve du respect par Téhéran de ses engagements en matière de nucléaire et de cessez-le-feu.
Réactions et tensions persistantes
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a qualifié l’accord de « grande victoire » pour l’Iran, remerciant Téhéran d’avoir insisté pour y inclure le front libanais. « Cet accord acte l’échec des États-Unis », a déclaré de son côté Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, à la télévision d’État. En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé que ses troupes resteraient déployées au Liban, en Syrie et à Gaza « aussi longtemps que nécessaire ».
Donald Trump a toutefois mis en garde Téhéran, affirmant que si l’Iran « ne se comporte pas bien », les États-Unis « recommenceront à balancer des bombes en plein dans leurs têtes ». Emmanuel Macron a minimisé ces déclarations, les qualifiant de rappel de la « capacité de dissuasion » américaine plutôt que d’une menace immédiate.
Les cours du pétrole ont réagi à l’annonce de l’accord, le baril de Brent perdant 0,32 % pour s’établir à 78,71 dollars mercredi matin. Les stocks de pétrole des pays de l’OCDE ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en raison du blocus du détroit d’Ormuz.
Prochaines étapes et incertitudes
La signature officielle de l’accord vendredi en Suisse marquera le début d’une période de négociations de 60 jours, au cours de laquelle les deux pays devront finaliser les détails techniques, notamment sur la levée des sanctions et la gestion des stocks d’uranium. Le texte prévoit également la création d’un mécanisme de surveillance pour garantir le respect des engagements pris.
Les États-Unis ont précisé que la levée des sanctions serait conditionnée à la conclusion d’un accord définitif, tandis que l’Iran devra permettre le plein rétablissement de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz d’ici 30 jours. Une incertitude persiste toutefois sur les « frais de service » que l’Iran entend prélever sur les navires transitant par le détroit, une question qui devra être tranchée lors des négociations.
Le calendrier des prochaines semaines sera crucial pour déterminer si cet accord, salué comme une « opportunité historique » par les membres du G7, pourra effectivement mettre fin aux tensions régionales et relancer l’économie mondiale, fortement affectée par le conflit.