Le sommet du G7, qui s’est tenu à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026, s’est conclu par une série de déclarations communes adoptées à l’unanimité, y compris par les États-Unis. Le président français Emmanuel Macron a salué un « moment d’unité » après des mois de « désaccords », soulignant que ce sommet avait permis une « remobilisation » du groupe sur des enjeux géopolitiques majeurs, notamment la guerre en Ukraine et la crise au Moyen-Orient.
Un soutien renforcé à l’Ukraine
Les dirigeants du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni – ont réaffirmé leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine face à l’invasion russe. Dans une déclaration commune, ils se sont engagés à « accroître les pressions exercées sur l’économie de guerre de la Russie », notamment en durcissant les sanctions sur les exportations d’hydrocarbures russes. Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé que les pays du G7 allaient produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne, une mesure réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
« C’est la première fois que nous avons une telle convergence en G7 », a déclaré Emmanuel Macron, évoquant un « changement très profond » dans l’attitude des États-Unis. Donald Trump, habituellement réticent à soutenir Kiev, a estimé que la Russie « devrait conclure un accord » et s’est dit prêt à rétablir des sanctions sur le pétrole russe. « Nous avons unanimement salué le très bon accord conclu entre les États-Unis et l’Iran », a ajouté le président français, soulignant que cet accord avait permis de recentrer l’attention sur l’Ukraine.
« Le même sommet est présenté comme un succès diplomatique et comme une étape vers une nouvelle dynamique transatlantique. »
L’accord avec l’Iran salué, mais sous conditions
Les dirigeants du G7 ont salué le protocole d’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, qui vise à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et à rouvrir le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport du pétrole. « Ce protocole d’accord offre une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques », indique la déclaration commune. Une force multinationale, initiée par la France et le Royaume-Uni, est chargée de faciliter la reprise du trafic maritime dans le détroit, notamment par des opérations de déminage.
Donald Trump a toutefois tempéré cet optimisme en déclarant que cet accord n’était « pas final » et qu’il pourrait « recommencer à balancer des bombes » sur l’Iran si Téhéran « ne se comporte pas bien ». Emmanuel Macron a minimisé ces propos, les qualifiant de « capacité de dissuasion » plutôt que de menace immédiate.
Divergences sur la régulation de l’IA et du numérique
Le dernier jour du sommet a été marqué par des discussions sur la régulation de l’intelligence artificielle (IA) et la protection des mineurs en ligne. Les dirigeants du G7 ont appelé à « mieux réguler » les modèles d’IA les plus avancés pour éviter qu’ils ne tombent « dans les mains de régimes autoritaires ». Emmanuel Macron a plaidé pour une coopération entre démocraties, tout en mettant en garde contre une « non-coopération » qui affaiblirait les pays occidentaux face à la Chine et aux États-Unis.
« On doit réussir à mieux les réguler pour éviter qu’ils ne tombent dans les mains de régimes autoritaires ou de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ou nos sociétés », a-t-il déclaré. Les dirigeants ont également adopté une déclaration commune sur la protection des mineurs en ligne, appelant à des plateformes « sûres dès la conception » et à des contrôles parentaux renforcés. Cependant, les divergences persistent sur la taxation et la régulation du numérique, notamment entre les États-Unis et l’Europe.
La décision de l’administration Trump d’interdire l’accès aux modèles d’IA les plus puissants d’Anthropic aux ressortissants étrangers a provoqué une onde de choc en Europe. « La guerre de l’IA a déjà commencé », a réagi l’ancien Premier ministre français Gabriel Attal, comparant cette mesure au blocus du détroit d’Ormuz. En réponse, la France a annoncé la rupture de son partenariat avec Palantir, une entreprise américaine spécialisée dans la sécurité, au profit d’une solution française.
Un dîner à Versailles pour clore le sommet
Le sommet s’est conclu par un dîner au château de Versailles, où Emmanuel Macron a reçu Donald Trump. Ce dîner, présenté comme une célébration des 250 ans de l’indépendance américaine, a également permis de renforcer les relations franco-américaines. Donald Trump, visiblement satisfait de son séjour en France, a qualifié l’organisation du G7 de « fantastique » et a salué le travail d’Emmanuel et Brigitte Macron. « C’est pas du plaqué or, c’est du lourd », a-t-il lancé en référence aux dorures de Versailles.
Un sommet marqué par des avancées, mais des défis persistants
Le sommet du G7 à Évian a permis de réaffirmer l’unité des grandes puissances sur des enjeux géopolitiques majeurs, tout en révélant des tensions sur des sujets technologiques et économiques. Si les déclarations communes sur l’Ukraine et l’Iran ont été saluées, les divergences sur la régulation de l’IA et du numérique restent un défi pour les mois à venir. Emmanuel Macron a souligné que les prochaines étapes consisteraient à finaliser une plateforme de coopération entre démocraties pour définir des standards communs en matière d’IA, un travail qui devrait être achevé d’ici septembre 2026.
Les prochains mois diront si les engagements pris à Évian se traduiront par des actions concrètes, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient. La publication complète des déclarations communes et leur mise en œuvre seront des indicateurs clés pour mesurer l’impact réel de ce sommet.