Éric Roy, entraîneur du Stade brestois 29 depuis janvier 2023, est mort mercredi 17 juin à l’âge de 58 ans, a annoncé sa famille sur son compte Instagram. Il souffrait d’un cancer du pancréas depuis trois ans et demi. « Depuis trois ans et demi, Papa se battait contre un cancer du pancréas. Pendant tout ce temps, il a continué à vivre avec une force qui nous impressionne encore », ont écrit ses proches. Le technicien avait maintenu son activité à la tête du club breton jusqu’à la fin de la saison 2025-2026.
Un parcours de joueur puis d’entraîneur marqué par Brest
Formé à l’OGC Nice, Éric Roy a évolué comme milieu de terrain dans plusieurs clubs français et étrangers. Il a porté les couleurs de Nice (1988-1993), Lyon (1993-1996), Marseille (1996-1999), Sunderland en Angleterre (1999-2001) et Rayo Vallecano en Espagne (2001-2002). Après sa carrière de joueur, il a occupé des postes de dirigeant à Nice, Lens et Watford, avant de revenir sur le banc comme entraîneur.
Sa première expérience en tant que coach principal remonte à 2010, lorsqu’il a pris la tête de l’OGC Nice. Il a ensuite attendu onze ans avant de retrouver un poste en Ligue 1, à Brest, en janvier 2023. « Ce qu’il a accompli ces dernières années restera pour nous exceptionnel. Traverser cette épreuve tout en accompagnant un club, une équipe, une histoire aussi forte, dit beaucoup de l’homme qu’il était », a souligné sa famille.
« Le même homme est décrit comme un entraîneur compétent, un ancien joueur respecté et une figure discrète du football français. »
Une saison historique en Ligue des champions
Arrivé à Brest en 2023 pour sauver le club de la relégation, Éric Roy a mené l’équipe à une troisième place en Ligue 1 lors de la saison 2023-2024, qualifiant le Stade brestois pour la Ligue des champions. Une performance inédite pour le club breton, qui disposait alors de l’un des plus petits budgets du championnat. « Pour sa première saison avec Brest, Roy a réalisé un parcours exceptionnel pour un club au budget modeste, plus habitué à jouer le maintien qu’à tutoyer les sommets », rappelle sa famille.
La saison suivante, Brest a atteint les barrages de la Ligue des champions, où le club a été éliminé par le Paris Saint-Germain (0-3, 0-7). Malgré des résultats moins flamboyants lors de la saison 2025-2026, l’équipe a assuré son maintien en terminant à la 12e place. « Son aventure au Stade brestois a été l’un des plus beaux moments de sa vie. Elle lui a donné une énergie, une joie, une raison de continuer, y compris dans les moments les plus difficiles », ont ajouté ses proches.
Un hommage unanime dans le monde du football
La disparition d’Éric Roy a suscité de nombreuses réactions dans le monde du football. Le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Vincent Labrune, a salué « la passion totale et une intégrité rare » de l’entraîneur. « Le football français perd aujourd’hui l’un de ses personnages les plus respectés, les plus aimés, et les plus authentiques », a-t-il déclaré.
Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, a rendu hommage à Éric Roy lors d’un entraînement des Bleus, observant une minute de silence. « C’était un homme compétent et attachant », a-t-il souligné. Le président du Stade brestois, Denis Le Saint, a quant à lui déclaré : « Je voulais un manager, je suis tombé sur un grand homme. »
Plusieurs clubs où Éric Roy a évolué, comme l’Olympique de Marseille, l’Olympique Lyonnais et l’OGC Nice, ont également exprimé leur tristesse. Un rassemblement est prévu jeudi 18 juin à 19 heures devant le Stade Francis-Le Blé, à Brest, pour lui rendre hommage.
Un héritage marqué par l’humilité et la passion
Éric Roy laisse derrière lui l’image d’un entraîneur discret mais respecté, connu pour son management participatif et son attachement aux valeurs humaines. « Adepte d’un management participatif, il a toujours expliqué son succès par la qualité des joueurs (…) qui sont capables de s’approprier un projet de jeu et ont la volonté, tous ensemble, de faire des résultats », rappelle sa famille.
Son parcours à Brest, où il a transformé un club modeste en une équipe compétitive au niveau européen, restera comme l’un des moments forts de sa carrière. Malgré les difficultés liées à sa maladie, il avait choisi de ne pas évoquer publiquement son état de santé, préférant se concentrer sur son travail. « La maladie du coach était un secret de polichinelle parmi ceux qui suivaient un peu le club breton ou le football français, mais sa volonté de ne jamais évoquer publiquement son état de santé avait été respectée », souligne sa famille.
Les prochains jours seront marqués par les hommages rendus à Éric Roy, tant à Brest que dans l’ensemble du football français. Un dernier adieu qui permettra de célébrer la carrière et l’héritage d’un homme décrit comme « profondément humain » et « authentique ».