Mardi 30 juin, Météo-France a indiqué que la France allait connaître « sans doute un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end », après une baisse temporaire des températures mercredi et jeudi. L’organisme a précisé que la hausse devait repartir par le sud dès vendredi, avec des températures « sans doute au-dessus de 35°C », sans pouvoir encore estimer la durée, l’intensité ni l’extension géographique exactes de cet épisode. Quatre départements restaient en vigilance orange sur le pourtour méditerranéen et en Corse.
Un troisième épisode déjà envisagé après la vague de juin
La séquence s’est inscrite dans un enchaînement rapide de fortes chaleurs. Après un premier épisode en mai, puis une vague de chaleur de juin décrite comme exceptionnelle dans plusieurs informations de presse, les prévisions ont fait apparaître un nouveau risque dès le début de juillet. Météo-France a aussi signalé l’absence d’épisode pluvieux soutenu pendant cette phase de transition, avec une sécheresse des sols en hausse et un risque d’incendie accru dans le sud.
Plusieurs conséquences matérielles de la chaleur restaient visibles mardi. Selon une information de presse, plus de 60 000 foyers avaient été privés d’électricité depuis dimanche et environ 8 000 clients l’étaient encore mardi soir, principalement dans le Nord et à Paris. Le gestionnaire a attribué ces coupures à la combinaison des fortes chaleurs et des orages survenus dans la nuit de samedi à dimanche. Le gouvernement a aussi annoncé l’arrivée de 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux, avec de premières livraisons attendues d’ici la fin de semaine et le début de la semaine suivante.
« Le même épisode mêle des faits déjà mesurés, comme les vigilances et les coupures, et des prévisions encore incertaines sur la prochaine hausse des températures. »
Un premier bilan sanitaire encore provisoire
Santé publique France a annoncé mardi qu’au moins 300 décès en excès avaient été enregistrés lors de l’épisode de chaleur de mai, sur cinq jours, dans 17 départements. L’agence a précisé qu’il s’agissait à ce stade de décès toutes causes confondues et que le nombre de décès directement attribuables à la chaleur serait connu ultérieurement. La majorité concernait des personnes âgées de plus de 75 ans.
Pour l’épisode de juin, plusieurs informations de presse ont fait état d’environ 1 000 décès supplémentaires depuis le 24 juin, principalement chez les plus de 65 ans, sur la base d’un bilan provisoire déjà évoqué par Santé publique France. Nicolas Revel, directeur général de l’AP-HP, a indiqué que les soignants étaient dans une situation de « préoccupation » face à une nouvelle remontée des températures, ajoutant : « Comme les Français, ils sont très fatigués. » Dans plusieurs territoires, des hôpitaux, des Ehpad et des services funéraires ont aussi signalé une activité soutenue ou des tensions liées à l’« effet retard » de la chaleur.
Une motion de censure après un échange à l’Assemblée
La canicule a aussi occupé les débats à l’Assemblée nationale. La présidente du groupe Écologiste et social, Cyrielle Chatelain, a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement pour dénoncer son « impréparation ». Le groupe a également demandé une commission d’enquête parlementaire sur l’adaptation aux fortes chaleurs.
Lors des questions au gouvernement, le Premier ministre a contesté le chiffre de « 10 000 morts » qu’il a attribué aux écologistes. « Il n’y a pas d’inaction », a-t-il déclaré, en qualifiant ce bilan de « faux » et « scandaleux ». De leur côté, les élus écologistes ont contesté avoir présenté ce nombre comme un bilan officiel et ont soutenu qu’il s’agissait d’une alerte ou d’un risque évoqué dans le débat public. Le Premier ministre s’est dit favorable à une commission d’enquête parlementaire.
Des effets encore en cours en France et une chaleur attendue aux États-Unis
Au moment de la publication, la baisse des températures observée sur une partie du pays ne mettait pas fin à la séquence. Les vigilances canicule restaient actives dans le Sud-Est, les risques d’incendie augmentaient dans plusieurs départements méditerranéens et les conséquences sanitaires, hospitalières et électriques de la vague de juin continuaient d’être traitées. Les chiffres de mortalité disponibles restaient provisoires et ne recouvraient pas tous la même réalité statistique selon qu’ils portaient sur des décès en excès ou sur des décès attribuables à la chaleur.
À l’international, les services météorologiques américains ont annoncé qu’une vague de chaleur intense devait toucher cette semaine les deux tiers est des États-Unis, avec des températures supérieures à 30°C dans une grande partie du centre et de l’est du pays et une chaleur ressentie pouvant atteindre localement 40 à 46°C. Selon ces autorités, l’épisode pouvait affecter à la fois le Mondial de football et les célébrations du 4 juillet. En France comme aux États-Unis, le point d’arrêt restait donc celui d’une chaleur encore active ou annoncée, avec des bilans sanitaires et des impacts matériels appelés à être consolidés.