L’explosion s’est produite lundi 29 juin vers 21 heures dans l’entrée d’un immeuble résidentiel de Monaco, près de la frontière française. Trois personnes d’une même famille ont été blessées et hospitalisées à Nice. Le procureur général de la Principauté, Stéphane Thibault, a indiqué mardi 30 juin qu’une enquête avait été ouverte notamment pour tentative d’assassinat, tandis que la qualification terroriste n’était pas retenue à ce stade.
Un colis déposé peu avant l’arrivée des victimes
Selon le procureur général, un homme seul s’est présenté devant l’adresse visée, a déposé un colis ou un sac en cours d’identification, puis a quitté les lieux. L’explosion est intervenue peu après, au moment où les trois occupants de l’appartement du rez-de-chaussée arrivaient à la porte de l’immeuble.
Les autorités monégasques ont fait état de deux adultes grièvement blessés et d’un adolescent de 13 ans blessé plus légèrement. Mardi, le pronostic vital d’une femme restait engagé. L’homme blessé, présenté par plusieurs informations de presse comme Vadim Ermolaev, n’était plus en danger immédiat selon les autorités citées dans plusieurs comptes rendus.
« La procédure vise un acte ciblé à l’explosif, distinct à ce stade d’une qualification terroriste. »
Un suspect recherché entre Monaco et la France
Le suspect a été filmé par les caméras de vidéosurveillance, selon les autorités monégasques. Il aurait pris la fuite à pied vers Beausoleil, commune française limitrophe de la Principauté. Les recherches ont mobilisé les services monégasques et français dans une opération présentée comme coordonnée.
« Nous sommes à sa poursuite pour l’identifier et l’interpeller, j’espère, rapidement », a déclaré Stéphane Thibault. Côté français, le parquet de Nice a ouvert une enquête pour association de malfaiteurs ainsi que pour détention et utilisation d’explosifs, et la police judiciaire a été saisie selon une information de presse.
Le procureur général de Monaco n’a pas confirmé l’identité de la cible présumée. Plusieurs informations de presse citent toutefois le nom de Vadim Ermolaev, homme d’affaires d’origine ukrainienne, résident monégasque depuis au moins 2021 selon le procureur. Celui-ci a ajouté : « Nous n’avons aucune enquête le concernant à Monaco et, à notre connaissance, il n’est pas recherché par une autorité étrangère. »
Une cible présumée au profil déjà exposé en Ukraine
Le nom de Vadim Ermolaev est revenu dans une grande partie des informations de presse consacrées à l’attaque. Cet homme d’affaires de 58 ans, originaire de Dnipro et détenteur de la nationalité chypriote selon plusieurs articles, fait l’objet depuis décembre 2023 de sanctions décidées par les autorités ukrainiennes.
Selon plusieurs informations de presse citant des services ukrainiens, ces sanctions sont liées à la poursuite d’activités commerciales en Crimée sous occupation russe. Cet arrière-plan a été largement rappelé dans les portraits publiés mardi, sans que les autorités monégasques n’établissent à ce stade de lien public entre ces éléments et l’attaque de lundi soir.
Une enquête encore centrée sur l’identification du suspect
Au moment de la publication, le cadre judiciaire principal était celui d’une tentative d’assassinat à l’explosif. Le fait établi est l’explosion d’un colis déposé dans l’entrée d’un immeuble et la blessure de trois personnes. La qualification terroriste a été écartée à ce stade par le procureur général, ce qui ne préjuge pas des suites de l’enquête.
L’identité de la cible présumée n’avait pas été confirmée officiellement par les autorités monégasques, même si plusieurs informations de presse citaient Vadim Ermolaev. Les enquêteurs travaillaient encore à identifier et interpeller l’auteur de la fuite vers la France, ainsi qu’à déterminer la nature exacte de l’engin et les circonstances précises de sa préparation.
La suite de la procédure doit désormais préciser le rôle du suspect recherché, l’éventuelle participation d’autres personnes et le mobile retenu par les enquêteurs.