Mardi 14 juillet, les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de frappes contre l’Iran, notamment dans le sud du pays autour de Bouchehr, Bandar Abbas et de zones proches du détroit d’Ormuz, avant le rétablissement du blocus américain des ports iraniens à 20 heures GMT selon le commandement américain pour le Moyen-Orient. Washington a présenté ces opérations comme une réponse aux attaques attribuées à Téhéran contre le trafic maritime commercial dans le détroit.
Des frappes américaines concentrées sur le sud iranien
Selon une information de presse, les forces américaines ont visé des cibles militaires, dont des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes. Des autorités locales iraniennes et l’agence officielle IRNA ont fait état de frappes sur quatre sites à Bouchehr, ainsi que d’explosions près de Bandar Abbas et dans la province pétrolière du Khouzistan, proche de l’Irak et du Koweït.
Donald Trump avait annoncé lundi que les États-Unis allaient « frapper fort » l’Iran. Dans le même temps, il a affirmé devant la presse qu’un accord restait « possible », alors que la Maison-Blanche a confirmé l’envoi au Congrès d’une notification sur la reprise du conflit.
« Les frappes, le blocus et la circulation maritime relèvent ici de trois niveaux distincts d’escalade autour du même détroit. »
Le blocus a été rétabli, la taxe de 20 % a été abandonnée
Le point central de la journée a été le retour du blocus américain des ports iraniens, annoncé par Donald Trump et mis en œuvre mardi soir selon l’armée américaine. Ce blocus avait déjà été instauré en avril, puis levé le 18 juin dans le cadre du protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran.
Donald Trump a en revanche renoncé à son projet de taxe de 20 % sur les marchandises transitant par le détroit d’Ormuz. Il a indiqué vouloir remplacer cette mesure par « des accords de commerce et d’investissements » avec les États du Golfe. Côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a accusé les États-Unis d’avoir « démantelé » le protocole d’accord, tandis qu’Abbas Araghchi a déclaré que « l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ».
Dans le même temps, le Parlement iranien a engagé des travaux sur un projet de loi concernant le détroit d’Ormuz. Plusieurs déclarations iraniennes ont aussi réaffirmé que Téhéran entendait garder la main sur les conditions de passage dans cette voie maritime.
Des ripostes iraniennes et un trafic maritime toujours disputé
L’Iran a revendiqué mardi des frappes contre des installations à Bahreïn, dont un site hébergeant des forces américaines selon la télévision d’État. Bahreïn a affirmé avoir intercepté plusieurs attaques aériennes iraniennes. La Jordanie a aussi annoncé avoir détruit quatre missiles iraniens dans son espace aérien. Dans le détroit et ses abords, plusieurs incidents ont été signalés contre des navires, dont des attaques contre deux pétroliers émiratis selon les Émirats arabes unis, et un navire touché au large d’Oman selon l’UKMTO.
La circulation dans le détroit reste au centre du conflit. L’Iran affirme en contrôler les conditions de passage et n’autorise qu’un couloir de navigation le long de ses côtes. Les États-Unis soutiennent au contraire que le détroit reste ouvert et disent vouloir empêcher les attaques contre les navires commerciaux. Selon des données de suivi maritime, le trafic a fortement ralenti ces derniers jours.