Les incendies déclenchés dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, ont parcouru 2 050 hectares au total, selon le préfet Pierre Ory mardi 14 juillet à la mi-journée. Le premier foyer, parti dimanche autour de l’A6, a ravagé environ 1 600 hectares. Le second, apparu lundi après-midi dans le secteur de la Faisanderie, près de Fontainebleau, s’est étendu sur 450 hectares. Plus de 800 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, avec des moyens aériens engagés pour la première fois en Île-de-France.
Deux foyers distincts et une progression freinée mardi
Dans la nuit du 13 au 14 juillet, les deux feux ont continué à progresser avant d’être annoncés comme contenus puis fixés en fin de journée. Le préfet a expliqué que la baisse du vent avait rendu les conditions plus favorables aux secours après une nuit décrite comme compliquée. Les opérations ont mobilisé notamment des Canadair, des Dash, des hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que des bulldozers pour élargir certaines pistes d’accès.
Selon les autorités, près d’un millier de personnes ont été évacuées au plus fort de l’incendie. Une partie de l’autoroute A6 a été fermée après le départ du premier feu. Les secours ont aussi dû surveiller des reprises localisées, favorisées par la nature du sol et par des points chauds encore actifs sous la surface.
« Le feu fixé reste bloqué dans un périmètre, mais il ne correspond pas encore à un incendie éteint. »
Six interpellations et deux reconnaissances de faits
L’enquête ouverte sur l’origine des départs de feu a conduit à six interpellations. Mardi 14 juillet, la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, a indiqué que six personnes avaient été placées en garde à vue. Deux d’entre elles ont reconnu leur implication dans des départs de feu distincts survenus lundi.
Selon la procureure, un pompier volontaire a reconnu avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence » à Arbonne-la-Forêt. Un autre homme a reconnu « avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette » dans le secteur de la Faisanderie. La magistrate a aussi indiqué que, pour l’incendie principal parti dimanche autour de l’A6, « l’hypothèse d’un départ de feu susceptible d’être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l’autoroute A6 fait l’objet de vérifications approfondies ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait déclaré lundi qu’une dizaine de points de départ de feu avaient été identifiés dans un périmètre de 1 000 mètres, ce qui laissait envisager une origine volontaire. Le Service départemental d’incendie et de secours de Seine-et-Marne a annoncé la suspension du pompier volontaire concerné.
Des feux fixés, une enquête encore en cours
Mardi soir, le préfet a annoncé que les deux incendies étaient fixés, c’est-à-dire bloqués dans leur périmètre. Les pompiers restaient toutefois mobilisés pour prévenir les reprises de feu, avec des moyens aériens encore prévus pour le lendemain. Le retour des personnes évacuées a été évoqué à partir du mercredi 15 juillet.
Sur le plan judiciaire, plusieurs éléments sont déjà établis : deux foyers principaux ont été identifiés, deux personnes ont reconnu des départs de feu distincts lundi, et six personnes ont été interpellées au total. En revanche, l’origine exacte du feu principal parti dimanche autour de l’A6 restait en cours de vérification, entre piste accidentelle et piste volontaire, selon les déclarations de la procureure. La suite de la procédure doit encore préciser le rôle de chaque personne entendue et les qualifications retenues.