L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mardi que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) pourrait être deux à quatre fois plus importante que les chiffres officiels. Déclarée il y a deux mois en Ituri, dans le nord-est du pays, elle s’est étendue à quatre autres provinces et a déjà causé plus de 700 décès pour près de 2 000 cas recensés. Vingt cas ont également été signalés en Ouganda voisin.
Chikwe Ihekweazu, responsable du programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS, a précisé que la capacité de détection des cas s’améliorait quotidiennement, mais que de nombreux nouveaux cas concernaient des personnes décédées hors des structures de santé. L’épidémie, causée par le virus Bundibugyo, est la troisième plus importante jamais enregistrée et celle qui progresse le plus rapidement en un mois. Deux traitements sont actuellement testés, et un essai clinique pour une prophylaxie post-exposition doit être annoncé prochainement.
« Ce décalage entre les projections de l’OMS et les bilans officiels révèle une crise sanitaire dont l’ampleur réelle échappe encore aux dispositifs de surveillance. »
Parallèlement, des médecins et soignants du centre de traitement de Rwampara, en Ituri, menacent de faire grève en raison de salaires impayés depuis le début de l’épidémie.