Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran se sont intensifiés mercredi 15 juillet autour du détroit d’Ormuz. Le Commandement central américain a annoncé une nouvelle série de frappes contre l’Iran, visant selon lui des capacités militaires utilisées pour menacer les navires marchands dans cette zone maritime. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution ont déclaré que le détroit resterait fermé jusqu’à la fin des « actes d’agression » américains.
Des frappes américaines présentées comme liées à la sécurité maritime
L’armée américaine a indiqué avoir lancé à 6 heures du matin une série de frappes contre l’Iran afin d’« affaiblir davantage les capacités militaires » utilisées, selon elle, pour attaquer des navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Plus tard dans la journée, le CentCom a fait état d’une « vague de quatre-vingt-dix minutes » de bombardements contre des cibles militaires sur l’île iranienne de Grande Tunb.
Washington a affirmé que ces opérations avaient « réduit la capacité de l’Iran à attaquer les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz ». Des frappes ont aussi été signalées à Bouchehr, dans le sud-ouest de l’Iran. Selon le gouverneur de la province, cité par une information de presse, trois points de la ville ont été visés. L’armée iranienne a par ailleurs annoncé la mort de sept militaires dans d’autres frappes américaines dans le sud-est du pays.
« Les frappes américaines et la fermeture d’Ormuz relèvent ici de deux niveaux liés : l’action militaire d’un côté, le contrôle du passage maritime de l’autre. »
Téhéran lie la réouverture du détroit à l’arrêt des frappes
Les Gardiens de la révolution ont affirmé que le détroit d’Ormuz « resterait fermé jusqu’à ce que les États-Unis mettent fin à leurs actes d’agression ». Ils ont aussi évoqué la possibilité de bloquer d’autres voies d’exportation stratégiques. Cette déclaration est intervenue après le rétablissement du blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur mardi soir selon des informations de presse.
L’Iran a également revendiqué des frappes contre plusieurs installations utilisées par l’armée américaine dans la région, notamment au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn. Le Koweït a indiqué avoir intercepté quatre missiles et une vingtaine de drones en provenance d’Iran. En Jordanie, l’armée a déclaré avoir abattu trois missiles. Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a affirmé qu’« un protocole d’accord n’a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées », en estimant que Téhéran n’avait « aucune raison » de s’y conformer dans les conditions actuelles.
Un trafic maritime réduit et un blocus de nouveau appliqué
Le détroit d’Ormuz, situé entre les eaux iraniennes et omanaises, restait au centre de la confrontation. Selon des informations de presse, le trafic maritime s’y est raréfié après plusieurs attaques contre des pétroliers. La société de suivi maritime Kpler a recensé treize navires commerciaux mardi. L’ONU s’est alarmée des « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » du blocage de cette voie de passage.
Dans le cadre du blocus rétabli par Washington, l’armée américaine a annoncé mercredi soir avoir tiré sur un navire qui tentait de forcer ce dispositif. Le CentCom a indiqué avoir aussi redirigé deux navires commerciaux. Donald Trump a par ailleurs menacé de frapper des centrales électriques iraniennes et a déclaré : « Nous verrons bien si oui ou non nous nous accordons avec eux, ou bien si nous finissons le travail. »
Un bilan encore largement porté par les déclarations des deux camps
Au moment de la publication, les frappes américaines se poursuivaient et le détroit d’Ormuz restait présenté comme fermé par les autorités iraniennes. Les États-Unis disent chercher à réduire les capacités iraniennes contre la navigation commerciale, tandis que Téhéran lie toute réouverture du passage à l’arrêt des opérations américaines. Le blocus des ports iraniens, rétabli par Washington, constitue l’autre volet immédiat de cette séquence.
Plusieurs éléments restent à lire avec prudence, car ils proviennent des déclarations des parties engagées. Les bilans humains annoncés par l’Iran, les objectifs militaires avancés par Washington et les frappes revendiquées par Téhéran dans les pays voisins relèvent à ce stade d’attributions officielles ou militaires. Les prochaines étapes identifiées portent sur l’évolution du trafic maritime, l’application du blocus américain et les menaces formulées par Donald Trump pour la semaine suivante.