Mercredi 15 juillet, lors d’une réunion de la cellule de crise au ministère de la transition écologique à Paris, Monique Barbut a indiqué que 99 départements, soit la totalité du territoire métropolitain, connaissaient pour tout ou partie des restrictions d’usage de l’eau. La ministre a présenté cette situation comme exceptionnelle par sa précocité et par son intensité.
Un niveau de restrictions inédit à l’échelle du territoire
Selon la ministre, 43 départements étaient placés au niveau de crise, où la ressource est réservée aux usages prioritaires. Elle a aussi fait état de 206 arrêtés préfectoraux en vigueur concernant l’eau, un niveau présenté comme le plus élevé observé depuis au moins 2013.
Monique Barbut a déclaré que la sécheresse arrivait avec « près d’un mois d’avance ». Elle a ajouté que cette situation survenait alors que les précipitations du printemps avaient été globalement dans les normales, ce qui renforce la vigilance sur les sols, les cours d’eau et l’évolution des débits depuis le début du mois de juin.
« Les restrictions d’eau décrivent une décision administrative, tandis que la sécheresse renvoie ici à l’état des sols, des cours d’eau et des débits. »
Des cours d’eau à sec et des usages déjà affectés
La ministre a indiqué que les sols étaient les premiers touchés, avec des niveaux d’humidité particulièrement bas et proches des records. Elle a ajouté que les cours d’eau constituaient le principal point de vigilance, leurs débits diminuant rapidement sur l’ensemble du territoire depuis début juin.
Selon Monique Barbut, « près d’un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années », et « un quart des petits cours d’eau sont désormais à sec ». Elle a aussi déclaré qu’environ 100 000 habitants étaient concernés par des ravitaillements en eau.
Dans le Doubs, la rivière du même nom a disparu par endroits sur plusieurs kilomètres. Cette situation a également des effets sur l’agriculture et sur l’industrie. Trois réacteurs nucléaires étaient toujours à l’arrêt mardi, selon des informations de presse.
La question de l’eau au cœur des débats agricoles
Cette alerte gouvernementale est intervenue à la veille de l’examen en commission mixte paritaire du projet de loi d’urgence agricole. La question du stockage de l’eau y occupe une place centrale, avec des dispositions visant notamment à faciliter la construction d’ouvrages de stockage et à augmenter les capacités destinées à l’agriculture d’ici à 2035.
« Notre première priorité est de garantir l’accès à l’eau potable », a déclaré Monique Barbut. De son côté, la FNSEA juge le stockage de l’eau « vital », tandis que la ministre a déjà contesté une orientation qu’elle considère comme favorable à l’usage agricole au détriment d’autres priorités, dont l’eau potable et la sécurité civile.
Une situation encore active et des bilans appelés à évoluer
Au moment de cette prise de parole, le constat établi portait sur l’étendue des restrictions, le niveau d’alerte dans 43 départements et la dégradation des sols et des cours d’eau décrite par la ministre. Les chiffres sur les points de mesure, les cours d’eau à sec et les habitants ravitaillés ont été présentés par le ministère dans ce cadre.
La situation restait évolutive, avec des restrictions déjà en vigueur dans l’ensemble du territoire métropolitain et des débats en cours sur la gestion de la ressource. Les prochaines étapes identifiées concernaient à la fois l’évolution hydrologique dans les semaines suivantes et l’examen parlementaire du projet de loi d’urgence agricole.