Les deux incendies qui ont touché la forêt de Fontainebleau depuis dimanche 12 juillet ont été fixés mardi soir, mais ils n’étaient toujours pas éteints mercredi 15 juillet. Selon le préfet de Seine-et-Marne, ils ont parcouru un peu plus de 2 000 hectares. Les habitants évacués ont commencé à regagner leur domicile, notamment au Vaudoué, pendant que les secours restaient mobilisés dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur de la Faisanderie.
Des reprises de feu malgré un périmètre désormais contenu
Mercredi, les pompiers ont continué à traiter plusieurs reprises de feu dans un massif où le feu restait contenu dans son périmètre. Le Service départemental d’incendie et de secours de Seine-et-Marne a fait état de trois reprises modérées, tandis que le colonel Sébastien Avenel a indiqué que le vent avait réactivé certains points. Environ 950 sapeurs-pompiers se sont relayés sur le terrain, appuyés par trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d’eau et un hélicoptère de commandement.
Les opérations se concentraient sur le noyage des souches et des foyers invisibles dans le sol. Le préfet Pierre Ory a rappelé qu’un feu de tourbe pouvait se propager sous terre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de ressurgir plus loin. Le porte-parole des pompiers a indiqué que les équipes s’attendaient à rester sur place encore plusieurs jours. L’autoroute A6, fermée dans le secteur touché, devait rouvrir jeudi 16 juillet en milieu de journée selon son gestionnaire, sauf nouveau départ de feu.
« Le feu est fixé lorsqu’il ne progresse plus, mais cette stabilisation ne signifie pas encore l’extinction complète des foyers. »
Deux jeunes majeurs mis en cause pour des départs de feu distincts
Sur le volet judiciaire, la procureure de la République de Fontainebleau a annoncé que deux mis en cause avaient reconnu leur implication volontaire dans des départs de feu constatés lundi 13 juillet à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire et une information judiciaire a été ouverte pour des faits de « destruction par incendie ».
L’un des deux, un pompier volontaire de 18 ans, a d’abord déclaré avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence », selon la procureure, avant de revenir sur ses aveux devant le juge des libertés et de la détention. L’autre jeune homme a admis « avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette » sur un autre lieu de départ de feu, a précisé la procureure. Le SDIS de Seine-et-Marne a indiqué que le pompier volontaire avait été suspendu.
D’autres gardes à vue étaient toujours en cours mercredi. La procureure a aussi évoqué, pour l’incendie parti dimanche autour de l’A6, « la piste d’un incendie accidentel dans le cadre de travaux en bordure de l’autoroute ». Un homme de 46 ans a par ailleurs été interpellé mardi soir près de la forêt et placé en garde à vue pour tentative de destruction par incendie, après la découverte d’un briquet et de journaux froissés dans son véhicule, d’après une information de presse et des sources policières.
Une séquence locale inscrite dans une saison nationale de feux
Le président de la République devait se rendre jeudi matin à Fontainebleau pour rencontrer les acteurs mobilisés sur place. L’Élysée a indiqué qu’il y réaffirmerait l’engagement de l’État face à une saison de feux de forêt décrite comme particulièrement intense. Selon des chiffres relayés mercredi par plusieurs agences et médias, plus de 32 000 hectares ont déjà été parcourus par le feu en France depuis le début de l’année.
Dans le même temps, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a qualifié la situation de sécheresse en France d’« exceptionnelle » et de « très préoccupante ». Elle a indiqué que 99 départements étaient concernés, pour tout ou partie, par des restrictions d’eau. Ce cadre national éclaire la mobilisation prolongée à Fontainebleau, mais la situation locale restait mercredi définie par deux éléments distincts : des feux contenus mais encore actifs dans le massif, et plusieurs enquêtes destinées à établir l’origine précise de chaque départ de feu.