Donald Trump a consacré jeudi 16 juillet une allocution d’un peu plus de vingt-cinq minutes au système électoral américain et à l’élection présidentielle de 2020. Le président américain y a répété que ce scrutin lui avait été « volé », affirmé que la Chine avait mené « la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire » et annoncé la déclassification de documents qu’il présente comme des preuves d’ingérence étrangère.
Une allocution centrée sur l’élection de 2020 et la Chine
Dans son discours, Donald Trump a évoqué des « vulnérabilités choquantes » du système électoral américain. Il a affirmé que des documents déclassifiés montrent que Pékin a acquis illicitement 220 millions de fichiers d’électeurs américains et a accusé la Chine d’avoir tenté de fabriquer des bulletins de vote pour Joe Biden lors de la présidentielle de 2020.
Le président américain a aussi réaffirmé avoir remporté cette élection et a de nouveau mis en cause des acteurs institutionnels, des médias et ce qu’il a appelé un « État profond ». Plusieurs informations de presse relèvent que ces accusations ont été répétées sans preuve nouvelle et que de nombreuses décisions de justice, enquêtes officielles et expertises avaient déjà conclu à l’absence de fraude à grande échelle ayant pu modifier le résultat de 2020.
« Le discours mêle deux niveaux distincts : des accusations sur le scrutin de 2020 et l’annonce d’une future déclassification de documents. »
Pékin rejette les accusations et Washington vise aussi les médias
Vendredi 17 juillet, la Chine a répondu publiquement aux accusations américaines. « Les allégations formulées par la partie américaine ne sont que de pures inventions et des calomnies malveillantes », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Il a ajouté que « la Chine n’a aucun intérêt pour les élections américaines ».
Dans la même séquence, Donald Trump s’en est pris à plusieurs chaînes américaines qui n’avaient pas diffusé son allocution en direct. « NBC et ABC ont dit toutes les deux qu’elles ne diffuseraient pas ce discours. (...) Elles, et d’autres médias, font partie d’un complot », a déclaré le président américain, en appelant au retrait de leurs licences de diffusion.
Une séquence encore ouverte avant les élections de mi-mandat
Au moment de la publication, le fait établi est la prise de parole de Donald Trump, l’annonce d’une déclassification de documents et la réponse officielle de Pékin. Les accusations visant la Chine, le chiffre de 220 millions de fichiers d’électeurs et les allégations sur des bulletins de vote restent présentés par le président américain comme des éléments à l’appui de sa thèse.
La suite immédiate du sujet tient donc à la publication effective des documents annoncés et à leur contenu. Les déclarations de Donald Trump sur l’élection de 2020 s’inscrivent déjà dans la campagne précédant les élections américaines de mi-mandat de novembre, tandis que la réponse chinoise fixe à ce stade la position officielle de Pékin sur cette nouvelle accusation.