Vendredi 17 juillet, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a annoncé une nouvelle série de frappes contre l’Iran, présentées comme destinées à « continuer d’affaiblir les capacités militaires iraniennes ». Plus tôt dans la journée, l’armée américaine avait indiqué avoir détruit une tour de contrôle utilisée par les gardiens de la révolution dans le port de Chabahar. Ces opérations sont intervenues après une sixième nuit de bombardements au cours de laquelle Washington avait dit avoir visé des dizaines de cibles militaires iraniennes.
Des frappes américaines sur le sud iranien et des bilans attribués à Téhéran
Selon une information de presse, les frappes américaines de la nuit du 16 au 17 juillet ont fait huit morts et vingt blessés dans plusieurs provinces. Des autorités iraniennes ont aussi fait état de dégâts sur le réseau électrique du sud du pays et de bombardements sur des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare. Dans la province d’Hormozgan, des autorités locales ont ensuite annoncé au moins trois morts et huit blessés lors des frappes suivantes.
Les États-Unis ont, de leur côté, affirmé avoir visé des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes. Donald Trump a déclaré vendredi soir : « On est en train de gagner gros en Iran et ce travail portera ses fruits très bientôt. » Plus tôt, la Maison-Blanche avait aussi indiqué que le président restait ouvert à la diplomatie.
« Les bilans humains et les dégâts sur des infrastructures civiles proviennent ici de niveaux d’attribution différents selon qu’ils sont annoncés par Washington ou par Téhéran. »
Une riposte iranienne étendue au Qatar, au Koweït, à la Syrie et à Oman
En réponse, les gardiens de la révolution ont affirmé avoir attaqué la base aérienne américaine d’Al-Udeid au Qatar afin de « punir l’agresseur ». Le Qatar a annoncé avoir repoussé une attaque de missiles, tandis qu’un enfant a été blessé par des débris selon une information de presse. Le Koweït a indiqué qu’une centrale électrique et de dessalement d’eau avait été touchée, provoquant un incendie et des dégâts sur plusieurs unités de production.
L’Iran a également affirmé avoir visé la base d’Al-Tanf, dans le sud-est de la Syrie, ainsi que des radars américains à Oman et des appareils militaires américains en Jordanie. Une source militaire syrienne a toutefois démenti qu’Al-Tanf ait été bombardée. Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien cité par la télévision d’État, a déclaré : « Si l’Amérique poursuit la guerre dans les deux ou trois prochains jours, nous passerons à une offensive d’envergure. » Les gardiens de la révolution ont aussi indiqué que leurs frappes se poursuivraient jusqu’à un « retour au calme » dans le sud de l’Iran et dans le détroit d’Ormuz.
Des attaques contre des infrastructures civiles au centre des réactions internationales
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément préoccupé par l’escalade militaire continue entre l’Iran et les États-Unis », selon son porte-parole Farhan Haq. Il a aussi condamné les attaques contre des infrastructures civiles en Iran et dans l’ensemble de la région. Dans le même temps, la Chine et le Pakistan ont appelé les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d’accord signé mi-juin.
Les frappes américaines se poursuivaient et l’Iran annonçait maintenir sa riposte. Les destructions revendiquées par chaque camp ne relevaient pas toutes du même niveau de confirmation : certaines étaient annoncées par les armées concernées, d’autres par des autorités locales ou des médias d’État. Dans le détroit d’Ormuz, le trafic maritime restait perturbé et l’agence britannique UKMTO a signalé qu’un navire avait été touché par un « projectile non identifié » au large d’Oman, avec des dégâts structurels mineurs.