Le concert de Barbara Butch a été interrompu samedi 18 juillet à Grenoble, au bout d’une vingtaine de minutes, lors d’une action menée par des militants propalestiniens et des militants ou élus liés à La France insoumise. L’artiste a annoncé jeudi 23 juillet le dépôt d’une plainte visant notamment LFI, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi qu’Alain Soral et le média Omerta. La séquence a aussi conduit la mairie de Grenoble à engager une nouvelle démarche judiciaire.
Une interruption de concert suivie de plusieurs plaintes
Selon une information de presse, l’action faisait suite à un appel au boycott relayé notamment par la section iséroise de LFI. La mobilisation visait Barbara Butch en raison de positions qui lui étaient reprochées sur le conflit israélo-palestinien, ainsi que d’un concert en Israël. La préfecture de l’Isère a fait état de jets de projectiles en direction de la DJ.
L’avocate de Barbara Butch a annoncé une plainte pour « provocation à la haine » et pour des faits liés à l’interruption du concert. De son côté, la Ville de Grenoble a annoncé vendredi 24 juillet une nouvelle plainte contre X. Selon la mairie, elle porte sur des faits de violences volontaires, de dégradation de bien et de mise en danger d’autrui. La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, a expliqué que des témoignages et des vidéos recueillis après les faits faisaient apparaître des « faits plus graves ».
« La séquence réunit deux niveaux distincts : l’appel politique au boycott et les faits visés par les plaintes déposées après l’interruption. »
Des prises de position divergentes au sein de La France insoumise
L’affaire a aussi mis en lumière des désaccords au sein de LFI. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et élu insoumis, a estimé que Barbara Butch « a raison » de porter plainte. Dans le même temps, il a aussi déclaré qu’il ne l’aurait « pas accueillie » dans sa ville en raison de ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien, tout en présentant l’action de Grenoble comme une initiative « isolée ».
La direction du mouvement s’est retrouvée embarrassée par cette action locale, selon une information de presse. À Grenoble, l’élu d’opposition insoumis Allan Brunon a été présenté comme étant à l’origine de la perturbation. La maire de Grenoble a, elle, pris ses distances avec les faits. « Des méthodes que nous n’acceptons pas », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, en rappelant aussi la « liberté de programmation ».
Une procédure engagée et des responsabilités encore discutées
À ce stade, plusieurs éléments sont établis : l’interruption du concert, l’annonce de plaintes par Barbara Butch et par la mairie de Grenoble, ainsi que l’existence d’un appel au boycott relayé localement. D’autres points relèvent encore de la procédure judiciaire, notamment la qualification précise des faits et les responsabilités individuelles qui pourraient être retenues.
Les déclarations publiques montrent aussi une distinction entre la condamnation de violences alléguées et la défense, par certains responsables insoumis, du droit de contester la programmation de l’artiste pour des motifs politiques. La suite dépend désormais des plaintes déposées, des éléments transmis au procureur et de l’examen des vidéos et témoignages évoqués par la mairie.