Jeudi 23 juillet, l’administration américaine a annoncé de nouveaux droits de douane visant plus de 60 économies, avec deux niveaux de surtaxe, à 10 % ou 12,5 %, appliqués à certains produits importés aux États-Unis. Ces mesures ont pris le relais des surtaxes temporaires mises en place en février 2026, arrivées à échéance vendredi 24 juillet. L’Union européenne, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni, le Canada et le Mexique figurent parmi les partenaires concernés.
Un nouveau dispositif présenté comme lié au travail forcé
Washington a justifié ce nouveau régime par une enquête commerciale portant sur la lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement de ses partenaires. Selon les autorités américaines, les pays visés ne prennent pas des mesures jugées suffisantes sur ce point. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les États-Unis appliquaient depuis longtemps une interdiction d’importer des produits issus du travail forcé et attendaient de leurs partenaires un cadre comparable.
Plusieurs informations de presse ont présenté ce dispositif comme une nouvelle base juridique utilisée par Donald Trump pour maintenir des surtaxes après la remise en cause, par la Cour suprême, d’une grande partie de ses précédents tarifs douaniers. Les nouveaux droits remplacent ainsi ceux instaurés en février pour une durée limitée.
« Le changement porte moins sur l’existence des surtaxes que sur leur justification juridique et leur nouveau cadre d’application. »
Deux taux, avec une Union européenne maintenue à 10 %
Le nouveau régime distingue deux catégories. Une partie des partenaires commerciaux est soumise à un taux de 10 %, tandis que 43 pays sont visés par un taux de 12,5 %, selon des informations de presse. La Chine, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Norvège ou la Suisse figurent parmi les pays cités au taux le plus élevé. L’Union européenne fait partie des économies maintenues à 10 %.
À Bruxelles, la Commission européenne a indiqué que ce niveau restait conforme au plafond prévu par l’accord commercial conclu l’an dernier avec Washington. « L’UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane », a déclaré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne. Dans le même temps, des responsables européens ont contesté la justification liée au travail forcé.
Des tensions commerciales déjà ravivées avec l’Union européenne
Dans la journée de vendredi 24 juillet, Donald Trump a aussi menacé l’Union européenne de nouveaux droits de douane après les amendes infligées par Bruxelles à Google et à d’autres groupes technologiques américains. Il a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête commerciale au titre de l’article 301 de la loi américaine sur le commerce de 1974, qui permet à Washington d’enquêter sur des pratiques étrangères jugées discriminatoires et de riposter par des mesures commerciales.
Le nouveau régime général de surtaxes est entré en vigueur ou doit entrer en application à très brève échéance selon les formulations rapportées, tandis que la menace de nouvelles mesures ciblant l’Union européenne relève d’une annonce distincte, liée cette fois aux sanctions européennes contre des entreprises américaines.