Vendredi 24 juillet, une attaque de drones ukrainiens a touché des sites de Wildberries à Saint-Pétersbourg et dans la région de Leningrad, selon les autorités russes et l’entreprise. Le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a déclaré que la frappe avait visé des « installations d’infrastructures civiles ». Wildberries a indiqué que ses centres logistiques de Chouchary et d’Outkina Zavod avaient été visés, tandis que sa PDG, Tatiana Kim, a aussi mentionné un autre entrepôt touché à Simféropol, en Crimée.
Un incendie dans un entrepôt et des vols perturbés à Saint-Pétersbourg
Selon les autorités de la région de Leningrad, l’attaque a provoqué un incendie dans un entrepôt de Wildberries et fait trois blessés. Des images diffusées sur les réseaux sociaux et relayées par des informations de presse ont montré un important panache de fumée au-dessus de la ville. L’aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg a suspendu ses vols pendant plusieurs heures avant une reprise des opérations vers 06 heures, avec une cinquantaine de départs perturbés.
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 571 drones ukrainiens pendant la nuit au-dessus d’une quinzaine de régions russes et de la Crimée annexée. Dans la seule région de Leningrad, le gouverneur Alexandre Drozdenko a indiqué que 59 drones avaient été abattus. Le Comité d’enquête russe a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « attentat » contre des « sites d’infrastructure civile », parmi lesquels un centre logistique.
« Les autorités russes décrivent une attaque contre des infrastructures civiles, tandis que Kiev présente Wildberries comme une cible liée à l’effort militaire russe. »
Wildberries visé pour la troisième fois en quelques jours
Il s’agit, selon l’entreprise et plusieurs informations de presse, de la troisième attaque récente contre des sites de Wildberries. Des entrepôts du groupe avaient déjà été touchés dans la nuit du 18 au 19 juillet dans les régions de Moscou et de Tambov, puis dans la nuit du 21 au 22 juillet à Krasnodar et Nevinnomyssk. Wildberries est souvent présenté comme le principal groupe russe du commerce en ligne.
Volodymyr Zelensky a affirmé sur X que les entrepôts touchés approvisionnaient l’armée russe « avec des composants de drones, des équipements de navigation et des matériels militaires ». Le Kremlin a rejeté cette accusation. Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, avait déjà contesté tout lien entre l’armée russe et Wildberries.
Une extension visible des effets du conflit
La Roumanie a annoncé vendredi avoir abattu pour la première fois, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, un drone entré dans son espace aérien. Le président Nicușor Dan a indiqué que l’engin avait été repéré dans une zone inhabitée, à une centaine de kilomètres de Bucarest. Selon le gouvernement roumain, les radars ont détecté le drone avant le déploiement d’avions de chasse italiens engagés dans la mission de police du ciel de l’OTAN, puis d’appareils roumains. Des informations de presse ont ensuite indiqué qu’un F-16 avait abattu l’appareil avec un missile air-air.
À ce stade, les frappes contre Wildberries, l’incendie observé à Saint-Pétersbourg et l’interception annoncée par Bucarest sont établis par les autorités et acteurs directement concernés. En revanche, la fonction exacte des entrepôts visés reste présentée de manière opposée par Kiev et par le Kremlin. Le bilan global des drones interceptés relève, lui, du ministère russe de la Défense. La procédure ouverte par le Comité d’enquête russe et les déclarations des autorités roumaines fixent pour l’instant le cadre officiel de cette séquence.