Dimanche 26 juillet, la préfecture de la Gironde a annoncé que l’incendie parti de Saumos avait ravagé 42 000 hectares de « surface brûlée » et conduit à l’évacuation de 220 000 personnes depuis mercredi 22 juillet. Le feu se trouvait alors à environ 15 kilomètres de la métropole bordelaise, selon le maire de Bordeaux Thomas Cazenave, tandis que l’incendie des Landes, autour de Biscarrosse, avait parcouru 3 600 hectares selon la préfecture.
Un feu parti de Saumos a progressé jusqu’aux abords de Bordeaux
La progression du feu en Gironde a entraîné plusieurs vagues d’évacuation. Après les communes du bassin d’Arcachon et du nord du département, la préfecture a ordonné dans la nuit du 24 au 25 juillet l’évacuation préventive de communes aux portes de Bordeaux, puis 55 000 nouvelles évacuations dans la nuit du 25 au 26 juillet, notamment à Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas.
Les autorités ont maintenu que l’évacuation de Bordeaux n’était pas engagée. « Il n’y a pas d’évacuation de la ville de Bordeaux programmée », a déclaré Thomas Cazenave. Dans le même temps, la préfecture a indiqué que le feu poursuivait sa progression et que la situation restait défavorable, avec un vent actif et des reprises de feu.
Le phénomène d’« orage de feu » ou pyrocumulonimbus a été mentionné par la préfecture, les pompiers et plusieurs responsables de la sécurité civile pour décrire un incendie créant ses propres vents et des évolutions erratiques. Ce point a été présenté comme un facteur majeur de difficulté pour les secours sur le terrain.
« La distance au feu décrit sa position à un moment donné, mais pas le caractère fixé ou non fixé de l’incendie. »
Des moyens renforcés et des transports fortement perturbés
Le gouvernement a renforcé le dispositif au fil du week-end. Selon les chiffres repris dimanche, plus de 2 500 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires et 1 200 forces de l’ordre étaient mobilisés en Gironde. Un avion militaire A400M, équipé d’un kit de largage de retardant, a été engagé pour la première fois en conditions réelles samedi 25 juillet et devait être de nouveau mobilisé dimanche.
Les conséquences se sont aussi étendues aux transports. L’autoroute A63 entre Bordeaux et l’Espagne a été fermée sur 60 kilomètres. La SNCF a interrompu le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux jusqu’à nouvel ordre, notamment vers Arcachon, Dax et Hendaye. La dernière étape du Tour de France a également été raccourcie pour permettre le redéploiement de forces de sécurité mobilisées sur les incendies.
Dans les Landes, la situation était décrite comme plus favorable mais encore inachevée. La préfecture a indiqué dimanche que le feu de Biscarrosse était « mieux contenu mais pas fixé ». Environ 30 000 personnes y avaient été évacuées depuis le début de l’incendie, et 3 000 habitants avaient pu regagner leur logement dans des secteurs stabilisés.
« Tant que le feu n’est pas fixé, il n’y aura pas de réintégration », a indiqué Laurent Nuñez à propos de la Gironde. La préfète Sophie Brocas a aussi appelé les touristes à ne pas venir tant que l’incendie restait actif.
Un bilan encore évolutif avant de nouvelles réunions de crise
Dimanche soir, le feu de Gironde n’était toujours pas fixé. Les chiffres de surface brûlée et d’évacuations avaient été actualisés par la préfecture au fil de la journée, tandis que plusieurs responsables locaux faisaient état de destructions d’habitations dans les communes les plus touchées, notamment au Porge. Plusieurs bilans évoquaient 240 habitations détruites en Gironde, selon une information de presse.
Dans les Landes, le feu restait actif malgré des retours partiels d’habitants. La distinction entre un feu « contenu », « stabilisé » ou « fixé » restait centrale pour comprendre la situation : certaines zones pouvaient rouvrir localement, sans que l’incendie soit considéré comme terminé.
Emmanuel Macron devait présider lundi 27 juillet au matin une cellule interministérielle de crise. D’autres réunions étaient annoncées sur les conséquences économiques des incendies. À ce stade, les évacuations, les fermetures d’axes et la mobilisation des secours relevaient de faits établis, tandis que l’évolution du front de feu dépendait encore des conditions météorologiques et des opérations en cours.