Le ministre indien de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé sa démission samedi 25 juillet, au sixième jour d’une fronde étudiante qui réclamait son départ. La mobilisation, menée notamment à New Delhi sous la bannière du « parti du peuple des cafards », visait une série de fraudes aux examens universitaires, dont le concours national d’entrée en médecine.
Une démission obtenue après plusieurs jours de mobilisation
Les manifestations, sit-in et grèves de la faim se sont étendues à travers le pays, avec un point de fixation à Jantar Mantar, dans la capitale. Des milliers d’étudiants et de jeunes s’y sont rassemblés depuis le lundi 20 juillet pour demander le départ du ministre, dans un contexte de contestation lié aux fuites de sujets et aux irrégularités dénoncées dans plusieurs examens.
Après l’annonce de cette démission, les organisateurs du mouvement ont présenté ce départ comme l’aboutissement de leur revendication principale. Plusieurs informations de presse indiquent que les étudiants ont ensuite annoncé la fin de leur mobilisation et appelé à un retour au calme.
« La démission règle la revendication immédiate des manifestants, sans clore à elle seule le dossier des fraudes aux examens. »
Le gouvernement a aussi répondu sur le terrain politique et législatif
Narendra Modi, confronté à une contestation étudiante d’une ampleur inhabituelle depuis sa réélection en 2024, a diffusé vendredi soir une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il a remercié les protestataires pour leurs « contributions positives » au débat. Le premier ministre a ensuite décidé de se séparer de son ministre de l’Éducation.
Sous la pression de cette séquence, le gouvernement a aussi adopté un projet d’amendement de loi destiné à réprimer plus sévèrement la fraude aux examens. Dans les rues de New Delhi, la mobilisation a également donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre. La police a fait état de 180 blessés. Des manifestants ont, de leur côté, avancé un bilan de plusieurs centaines de blessés.
Une mobilisation arrêtée, mais un dossier encore ouvert
Au lendemain de la démission, l’occupation du site de Jantar Mantar a pris fin et la municipalité de New Delhi a effacé les traces visibles du campement et des slogans. Le mouvement étudiant a donc suspendu ses actions après avoir obtenu le départ du ministre.
À ce stade, le fait établi est la démission de Dharmendra Pradhan et l’arrêt annoncé de la mobilisation. Restent distincts de ce constat les bilans contradictoires sur le nombre de blessés et les suites concrètes du projet d’amendement sur la fraude aux examens. La séquence a aussi mis en avant une contestation de jeunesse structurée autour d’une revendication précise, désormais satisfaite sur le plan ministériel.