Les tensions se sont accentuées entre l’Iran, les rebelles houthis du Yémen et l’Arabie saoudite, sur fond de guerre régionale plus large. Vendredi 24 et samedi 25 juillet, les Houthis, alliés de Téhéran, ont revendiqué des attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge, puis un tir de missile vers Jizan et des frappes contre des sites pétroliers saoudiens. Riyad a répliqué vendredi soir en frappant des installations militaires houthistes à Hodeïda, sur la côte ouest du Yémen.
Des attaques houthistes suivies de frappes saoudiennes
La reprise des hostilités entre Riyad et les Houthis a marqué un nouveau front dans la guerre en cours au Moyen-Orient. Plusieurs informations de presse ont fait état d’attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, dans un contexte où les Houthis avaient aussi annoncé un blocus maritime visant l’Arabie saoudite.
Les rebelles yéménites ont ensuite revendiqué samedi une attaque de missile contre la ville de Jizan, dans le sud-ouest saoudien. D’autres frappes ont visé, selon leurs déclarations, des installations pétrolières saoudiennes. L’Arabie saoudite a de son côté mené des frappes contre Hodeïda, présentées comme une riposte à ces attaques.
« Les attaques en mer Rouge, les tirs sur le territoire saoudien et les frappes sur Hodeïda relèvent d’une même séquence, mais de niveaux militaires distincts. »
Téhéran alterne mise en garde et appel au dialogue
L’Iran a maintenu un double discours sur cette séquence. Le ministre des affaires étrangères Abbas Araghtchi a appelé au « dialogue » entre les Saoudiens et les Houthis et a estimé qu’il n’y avait « pas de solution militaire » à ce conflit. Dans le même temps, les autorités iraniennes ont continué à lier ce front yéménite à l’affrontement plus large avec Washington et ses alliés du Golfe.
Dimanche 26 juillet, le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, a déclaré que la guerre allait « s’étendre encore » si les attaques américaines reprenaient. Il a aussi affirmé que l’Iran avait « interrompu » ses attaques contre les pays du Golfe parce que les États-Unis avaient cessé leurs bombardements depuis deux jours. « Comme notre stratégie est essentiellement fondée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations », a-t-il déclaré.
Une accalmie relative dans le Golfe, des hostilités actives au Yémen
Au moment de la publication, aucune nouvelle frappe américaine n’avait été signalée en Iran pour la deuxième nuit consécutive, et l’Iran disait avoir suspendu ses opérations contre les pays du Golfe. Dans le même temps, les hostilités entre l’Arabie saoudite et les Houthis restaient actives, après les échanges de frappes de vendredi et samedi.
Les faits établis portent sur les attaques revendiquées par les Houthis, la riposte saoudienne sur Hodeïda et les déclarations iraniennes appelant au dialogue tout en menaçant d’un élargissement du conflit. Les prochaines évolutions dépendent des opérations militaires effectivement menées dans le Golfe et en mer Rouge, ainsi que des discussions évoquées par Washington et Téhéran.