Dimanche 7 juin 2026, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé des « cibles militaires » dans l’ouest et le centre de l’Iran, après des explosions signalées à Téhéran, Tabriz et Ispahan par la télévision d’État iranienne. Ces frappes interviennent dans un contexte de reprise des hostilités entre Israël et l’Iran, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 8 avril. L’Iran a riposté en tirant onze missiles en direction d’Israël, tous interceptés par les systèmes de défense israéliens, selon un communiqué de l’armée.
Une escalade après des frappes sur Beyrouth
Plus tôt dans la journée, Israël avait mené des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en réponse à des tirs de projectiles en provenance du Liban. Ces frappes ont visé des « centres de commandement de terroristes » dans le quartier de Dahieh, selon un communiqué conjoint de l’armée israélienne et du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Deux appartements ont été endommagés dans le quartier de Tahouitat al-Ghadir, et deux morts ainsi que vingt blessés ont été recensés, selon l’Agence nationale d’information libanaise (Ani).
Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a revendiqué plusieurs attaques de drones contre des positions militaires israéliennes au Liban dans la matinée. Ces échanges surviennent malgré un nouvel accord de cessez-le-feu annoncé mercredi 3 juin à Washington, rejeté par le Hezbollah, qui conditionne toute trêve à un « arrêt complet » des opérations israéliennes au Liban.
« Les mêmes frappes sont présentées comme une riposte aux tirs du Hezbollah et comme une violation du cessez-le-feu par les autorités libanaises. »
L’Iran riposte après des frappes américaines
La veille, l’Iran avait déjà riposté à des frappes américaines en ciblant des installations militaires au Koweït et à Bahreïn, deux alliés des États-Unis. Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), six des sept missiles tirés par l’Iran ont été interceptés, tandis que le septième n’a pas atteint sa cible. Ces frappes iraniennes faisaient suite à des attaques américaines contre des sites de radars de surveillance côtière iraniens, menées après l’abattage de drones iraniens dans le détroit d’Ormuz.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a déclaré à CNN que ces frappes américaines constituaient une « violation flagrante » du cessez-le-feu et a menacé de « frapper les intérêts américains et israéliens » dans la région. « Le blocus naval imposé à l’Iran et le feu vert donné aujourd’hui par les États-Unis au régime sioniste font des intérêts américains et israéliens dans la région des cibles légitimes », a-t-il averti sur X.
Un conflit régional aux multiples fronts
Depuis le début de la guerre le 28 février 2026, déclenchée par des frappes israélo-américaines en Iran, les hostilités se sont étendues à plusieurs pays de la région. Au Liban, les frappes israéliennes ont fait plus de 3 600 morts, selon les autorités libanaises, tandis que 29 soldats israéliens et un contractuel civil ont été tués. En Cisjordanie, un nourrisson palestinien a été tué vendredi 5 juin par des tirs de l’armée israélienne, qui a reconnu avoir ouvert le feu sur un véhicule civil.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, menées sous l’égide du Pakistan, patinent sur plusieurs points, notamment le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger et la fin des hostilités au Liban. Téhéran exige que tout accord avec Washington inclue la cessation des combats entre Israël et le Hezbollah, tandis que les États-Unis souhaitent traiter les deux dossiers séparément.
Un cessez-le-feu fragile et des tensions persistantes
Malgré les annonces répétées de cessez-le-feu, les violences se poursuivent sur plusieurs fronts. Au Liban, les combats entre Israël et le Hezbollah n’ont pas cessé, malgré un accord de trêve conditionnel annoncé mercredi. Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté libanaise et du droit international », tandis que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé le Liban à « sauver son pays de son véritable ennemi », en référence à Israël.
Les États-Unis, quant à eux, continuent de jouer un rôle clé dans la région, en abattant des drones iraniens dans le détroit d’Ormuz et en soutenant militairement Israël. Le président américain Donald Trump a plaidé pour des frappes « plus chirurgicales » contre le Hezbollah, tout en affirmant vouloir éviter une escalade majeure. « Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l’Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu’il tombe à l’eau à cause de ce qui se passe actuellement », a-t-il déclaré selon le média Axios.
Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les parties parviendront à désamorcer les tensions ou si le conflit continuera de s’étendre, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour l’ensemble de la région.