La Coupe du monde 2026, qui se déroule pour la première fois avec 48 équipes, a ouvert son tournoi par une série de surprises et de performances contrastées. Les favoris, comme l’Espagne et la Belgique, ont connu des débuts difficiles, tandis que des équipes moins attendues, comme le Cap-Vert ou la Côte d’Ivoire, ont créé la sensation. Parallèlement, des polémiques liées à l’organisation de la FIFA et des tensions géopolitiques, notamment autour de la participation de l’Iran, ont émaillé les premiers jours de la compétition.
L’Espagne et la Belgique en difficulté pour leurs débuts
L’Espagne, championne d’Europe en titre et l’une des favorites du tournoi, a été tenue en échec par le Cap-Vert (0-0) lors de son entrée en lice. Malgré l’entrée en jeu de Lamine Yamal, la star du FC Barcelone, la Roja n’a pas réussi à percer la défense capverdienne, portée par un gardien héroïque, Vozinha. Ce match nul, inattendu, place l’Espagne dans une position délicate avant d’affronter l’Arabie saoudite et l’Uruguay dans le groupe H. « Nous avons manqué de fraîcheur », a reconnu Luis de la Fuente, le sélectionneur espagnol, après la rencontre.
De son côté, la Belgique a également connu des débuts compliqués. Face à l’Égypte, les Diables Rouges ont été menés au score avant d’égaliser grâce à un but contre son camp de Mohamed Hany (1-1). Malgré l’entrée de Romelu Lukaku, qui a redonné de l’espoir à son équipe, la Belgique n’a pas réussi à s’imposer. « Nous pouvons faire mieux », a déclaré Youri Tielemans, le capitaine belge, à l’issue du match. Rudi Garcia, le sélectionneur, a pointé du doigt les erreurs défensives et le manque d’impact de ses joueurs, tout en soulignant les conditions difficiles (chaleur, terrain).
« Le même match est présenté comme une performance héroïque pour le Cap-Vert et comme un échec pour l’Espagne, alors que les deux équipes ont montré des qualités différentes. »
Des performances remarquables pour les outsiders
Si les favoris ont déçu, d’autres équipes ont brillé pour leurs débuts. Le Cap-Vert, qui dispute sa première Coupe du monde, a réalisé un exploit en tenant en échec l’Espagne. Les Requins Bleus, emmenés par leur gardien Vozinha, ont résisté pendant 90 minutes et ont même touché la barre transversale à deux reprises. « Nous avons travaillé dur pour ça », a déclaré le sélectionneur capverdien, Pedro Leitão Brito, après le match.
La Côte d’Ivoire a également impressionné en s’imposant face à l’Équateur (1-0) grâce à un but d’Amad Diallo à la 90e minute. Les Éléphants, qui avaient touché la barre à trois reprises, ont su profiter de leur opportunité pour remporter leur premier match dans le groupe E. « C’est toujours bien de commencer avec une victoire, pour la confiance », a commenté Elye Wahi, l’attaquant ivoirien.
La Suède, quant à elle, a écrasé la Tunisie (5-1) et pris seule la tête du groupe F. Les Scandinaves, emmenés par un duo offensif efficace (Viktor Gyökeres et Alexander Isak), ont profité des erreurs défensives tunisiennes pour s’imposer largement. Ce résultat place Sabri Lamouchi, le sélectionneur tunisien, sous une forte pression, alors que des rumeurs de licenciement circulent déjà.
L’Iran sous haute surveillance
L’entrée en lice de l’Iran, prévue dans la nuit de lundi à mardi face à la Nouvelle-Zélande, a été marquée par des tensions géopolitiques. Après des mois d’incertitude quant à sa participation, la Team Melli est arrivée à Los Angeles, où elle affrontera les All Whites. La communauté iranienne de la ville, surnommée « Tehrangeles », a annoncé des manifestations pour protester contre le régime de la République islamique. Des appels à agiter l’ancien drapeau iranien (celui d’avant la révolution de 1979) ont été lancés, bien que ce symbole soit interdit par la FIFA.
« Tout le monde peut avoir sa propre opinion, mais nous sommes là pour le football, pas pour la politique », a déclaré Mehdi Taremi, l’attaquant vedette iranien, lors d’une conférence de presse. La FIFA a renforcé la sécurité autour du match, alors que des menaces d’attaques de drones et de manifestations ont été signalées. L’accord de paix annoncé entre l’Iran et les États-Unis, quelques heures avant l’arrivée de la sélection iranienne, a apaisé les tensions, mais le match reste sous haute surveillance.
Les polémiques autour de la FIFA
La FIFA a été au cœur de plusieurs polémiques depuis le début du tournoi. Les prix élevés des billets, jugés prohibitifs, ont entraîné des tribunes clairsemées lors de certains matchs, comme celui entre la Corée du Sud et la République tchèque. La fédération a justifié ces tarifs en expliquant qu’ils reflétaient les prix du marché américain et qu’ils limitaient la revente illégale. Cependant, des experts et des associations de consommateurs ont critiqué cette position, estimant que la comparaison avec les sports américains était biaisée.
Par ailleurs, la FIFA a été critiquée pour ses règles strictes concernant les maillots des équipes. L’Égypte, par exemple, n’a pas pu arborer ses sept étoiles de champion d’Afrique sur son maillot, tandis qu’Haïti a dû effacer une illustration rendant hommage à sa révolution. « Cachez ce maillot que je ne saurais voir », titrait un article du Monde, soulignant l’ingérence de la FIFA dans les symboles nationaux.
Enfin, un arbitre australien, Shaun Evans, a fait l’objet d’une enquête après avoir effectué un geste associé aux mouvements suprémacistes blancs lors du match Allemagne-Curaçao. La FIFA a ouvert une enquête, tandis que des ONG, comme le Fare Network, ont dénoncé ce geste comme « néonazi ».
Des incertitudes et des attentes pour la suite
À l’issue de cette première journée, plusieurs questions restent en suspens. L’Espagne et la Belgique parviendront-elles à se ressaisir après des débuts difficiles ? Les outsiders, comme le Cap-Vert ou la Côte d’Ivoire, pourront-ils confirmer leurs performances ? Et comment la FIFA gérera-t-elle les tensions géopolitiques, notamment autour de l’Iran ?
Les prochains matchs, notamment ceux de la France face au Sénégal (mardi) et de l’Allemagne contre la Côte d’Ivoire (jeudi), seront déterminants pour la suite du tournoi. Les Bleus, emmenés par Kylian Mbappé et une attaque redoutable, font partie des favoris, mais ils devront se méfier des Lions de la Teranga, qui ont déjà battu la France en 2002 lors de leur dernière confrontation en Coupe du monde.
Enfin, la FIFA devra clarifier sa position sur les polémiques liées aux maillots et aux prix des billets, sous peine de voir la crédibilité du tournoi encore davantage entachée. « Le bilan reste attaché aux déclarations disponibles à ce stade », comme le soulignait une incise du Yak, mais les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si cette Coupe du monde 2026 marquera l’histoire par son football ou par ses controverses.