Le tribunal d’Oslo a condamné lundi 15 juin Marius Borg Høiby à quatre ans de prison ferme pour deux viols, des violences contre une ancienne compagne et 32 autres chefs d’accusation. Le fils de la princesse héritière Mette-Marit de Norvège, âgé de 29 ans, était poursuivi pour 40 infractions, dont quatre viols commis entre 2018 et 2024. Il a été acquitté pour deux des viols reprochés et pour certaines violences.
Un procès marqué par 40 chefs d’accusation
Marius Borg Høiby comparaissait depuis le 3 février pour des faits allant de viols à des infractions routières, en passant par des menaces et le transport de stupéfiants. Le parquet avait requis une peine de sept ans et sept mois de prison, tandis que la défense plaidait pour un acquittement sur les viols et une peine maximale d’un an et demi pour les autres infractions. Le tribunal a finalement retenu 34 des 40 chefs d’accusation, dont deux viols sur des femmes endormies après des soirées festives.
« Je ne suis pas quelqu’un qui a pour habitude d’avoir des rapports sexuels avec des femmes qui dorment », avait déclaré l’accusé lors du procès, tout en reconnaissant des problèmes d’addiction à l’alcool et aux drogues. Le procureur Sturla Henriksbø avait décrit un homme « qui se croit tout permis », une qualification contestée par la défense.
« La condamnation distingue les faits établis par la justice des accusations non retenues. »
Des violences décrites comme un « régime de terreur »
L’affaire a éclaté en août 2024 lorsque Marius Borg Høiby a été arrêté pour des violences présumées contre son ex-compagne. Les enquêteurs ont ensuite découvert des vidéos sur ses appareils, documentant selon eux des agressions sexuelles. Une influenceuse, Nora Haukland, a également témoigné de violences physiques et psychologiques, qualifiées par l’accusation de « régime de terreur ». L’accusé a reconnu des accès de jalousie, mais contesté les faits les plus graves.
En détention provisoire depuis février, Marius Borg Høiby a suivi le verdict par visioconférence depuis sa prison pour des raisons de santé non précisées. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel de la décision.
Un verdict qui fragilise la monarchie norvégienne
Bien que Marius Borg Høiby ne fasse pas partie de la famille royale officielle, son procès a suscité un vif intérêt médiatique en Norvège. Fils d’une première union de la princesse Mette-Marit, il a été propulsé dans la sphère publique dès l’âge de trois ans, lorsque sa mère a épousé le prince héritier Haakon en 2001. « Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose », avait-il déclaré lors du procès, évoquant un besoin de reconnaissance exacerbé par son statut.
Cette affaire s’ajoute à d’autres controverses touchant la famille royale, notamment des révélations sur des échanges entre Mette-Marit et le financier américain Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014. Atteinte d’une maladie pulmonaire, la princesse héritière est actuellement en attente d’une greffe.
Une procédure judiciaire encore en cours
La condamnation de Marius Borg Høiby n’est pas définitive : ses avocats ont indiqué vouloir contester plusieurs volets du jugement devant une cour d’appel. Le tribunal d’Oslo a retenu la culpabilité pour deux viols, des violences répétées, des menaces et des infractions à la législation sur les stupéfiants, mais a écarté d’autres accusations. Les éléments de preuve, notamment des vidéos et des témoignages, ont joué un rôle central dans la décision.
Le débat judiciaire a porté sur l’état de conscience des victimes présumées et sur la perception des faits par l’accusé. Les prochaines étapes dépendront de la procédure d’appel, dont le calendrier n’a pas encore été précisé.