Les États-Unis et l’Iran ont finalisé un accord-cadre visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a annoncé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, dans la nuit de dimanche à lundi. Cet accord, qui doit être signé officiellement vendredi 19 juin à Genève, prévoit la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, selon les déclarations des deux parties.
« L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social. Il a également annoncé « l’autorisation pleine et entière de la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain ». Le président américain a ajouté que cette réouverture interviendrait « dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage ».
Un accord en deux phases
Le protocole d’accord, signé électroniquement par les deux parties, ne met pas fin directement à la guerre mais ouvre une période de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Les négociations porteront sur plusieurs sujets sensibles, notamment le programme nucléaire iranien, les stocks d’uranium enrichi, la levée des sanctions américaines et la reconstruction de l’Iran.
Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, l’accord prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». Les discussions pour un accord final débuteront dans un délai de 60 jours et aborderont quatre sujets principaux : la levée des sanctions contre l’Iran, la question du nucléaire, la reconstruction et le développement économique du pays, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi des engagements pris.
« Le même accord est présenté comme une victoire par les deux parties, mais les détails de sa mise en œuvre restent encore flous. »
Réactions internationales et enjeux économiques
L’annonce de cet accord a immédiatement provoqué une chute de plus de 4 % des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le début du conflit en février et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures. Les Bourses asiatiques ont également réagi positivement, avec des hausses significatives à Tokyo et Séoul.
Emmanuel Macron, président français, a salué cet accord et déclaré que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-Uni était « prête à accompagner » la réouverture du détroit d’Ormuz. « Les moyens sont en place et prêts à être engagés », a-t-il précisé sur X, soulignant l’importance d’une « réouverture urgente et inconditionnelle » du détroit.
Cependant, des divergences persistent sur la question des frais de navigation dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a indiqué vouloir facturer des frais pour les services maritimes, une mesure que plusieurs pays occidentaux, dont la France, contestent. « Ce n’est pas du tout ce que l’on souhaite. Ça créerait un précédent », a déclaré Emmanuel Macron.
Israël critique l’accord et maintient ses positions
En Israël, l’accord a été accueilli avec scepticisme et critiques. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que l’État hébreu ne se retirerait pas des zones de sécurité au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. « Nous avons porté des coups sévères à l’Iran qui ont fait reculer ses capacités de nombreuses années », a-t-il affirmé, ajoutant qu’Israël ne se retirerait pas « d’un seul pouce » de ces territoires.
Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a également critiqué l’accord, affirmant qu’il « ne garantit pas notre sécurité » et qu’Israël n’était pas partie prenante. « L’accord de Trump ne nous engage pas », a-t-il déclaré sur Telegram.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a pour sa part affirmé que la guerre contre l’Iran avait sauvé Israël de la menace d’une « destruction nucléaire ». « Si nous n’agissions pas, vous seriez tous en danger de mort collective », a-t-il déclaré.
Perspectives et incertitudes
Malgré l’optimisme affiché par les deux parties, plusieurs points restent en suspens. La question du nucléaire iranien, en particulier, demeure un sujet de tension majeur. Donald Trump a indiqué qu’un volet des négociations porterait sur l’acceptation par l’Iran d’un moratoire de 20 ans sur l’enrichissement d’uranium, laissant entendre qu’un accord pourrait être trouvé pour une durée de 15 ans.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’accord comme une « étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit ». Cependant, la diplomatie iranienne a exprimé une « profonde méfiance » envers les États-Unis, soulignant que cette méfiance était la conséquence d’une « longue histoire de méfaits ».
Prochaines étapes et défis à venir
La publication complète des termes de l’accord est attendue dans les prochains jours. Les négociations pour un accord final, qui débuteront dans 60 jours, devront aborder des sujets complexes et sensibles, notamment la levée des sanctions, la question du nucléaire et la reconstruction de l’Iran.
La réouverture du détroit d’Ormuz, prévue après la signature de l’accord, sera un test crucial pour la mise en œuvre des engagements pris. Les modalités de cette réouverture, notamment la question des frais de navigation, devront être clarifiées pour éviter de nouvelles tensions.
Enfin, la réaction des différents acteurs régionaux, notamment Israël et le Hezbollah, sera déterminante pour la stabilité du Moyen-Orient dans les mois à venir. La capacité des parties à respecter leurs engagements et à surmonter leurs divergences sera essentielle pour assurer une paix durable dans la région.