Le sommet du G7, qui réunit les dirigeants des sept grandes puissances économiques (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), s’est ouvert ce lundi 15 juin à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie. L’événement est présidé par Emmanuel Macron, qui accueille notamment Donald Trump, arrivé en hélicoptère depuis Genève dans l’après-midi. Leur premier entretien a porté sur la situation au Proche-Orient et la guerre en Ukraine, selon des sources officielles.
Un accord américano-iranien en toile de fond
La veille du sommet, les États-Unis et l’Iran ont annoncé la conclusion d’un protocole d’accord visant à mettre fin à plusieurs années de tensions. Ce document, salué par Emmanuel Macron comme « essentiel », prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole, et un cessez-le-feu de 60 jours. Donald Trump a qualifié cet accord de « super accord » lors de son arrivée à Évian, précisant que son texte complet serait publié « quelque temps après vendredi ».
« Cet accord doit permettre une négociation globale sur la sécurité au Moyen-Orient et la reprise sans restriction du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une interview accordée à TF1. Le président français a également indiqué que la mission maritime internationale, initiée par la France et le Royaume-Uni pour sécuriser cette zone, était « prête à accompagner » cette réouverture.
« Le même accord est présenté comme une avancée diplomatique par Washington et comme un cadre de discussion par Téhéran. »
Des tensions commerciales persistantes
Les relations entre les États-Unis et la France restent marquées par des désaccords commerciaux. Avant son départ pour le G7, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur les vins français si Paris ne supprimait pas sa taxe sur les services numériques, ciblant les géants américains du secteur. Emmanuel Macron a répondu en affirmant vouloir une « discussion respectueuse mais ferme » avec son homologue américain.
« Nous ne céderons pas à des pressions unilatérales », a-t-il précisé lors de son interview sur TF1. Cette taxe, mise en place en 2019, a déjà suscité des représailles américaines sous la précédente présidence de Donald Trump, avant d’être suspendues dans l’attente d’un accord international au sein de l’OCDE.
Un sommet sous haute sécurité
Le G7 se déroule dans un contexte de sécurité renforcée, avec 16 000 forces de l’ordre mobilisées et un périmètre de sécurité strict autour d’Évian-les-Bains. Une cyberattaque a ciblé plusieurs institutions de Haute-Savoie dans la matinée, sans que son impact sur le sommet ne soit précisé. Par ailleurs, un adjudant de gendarmerie, Gwenaël Raffoux, est décédé samedi 13 juin dans un accident de la route en marge des opérations de sécurisation.
Emmanuel Macron a rendu hommage au militaire lors d’une allocution à Évian, soulignant « le dévouement des forces de l’ordre pour garantir la sécurité de ce sommet ». Des manifestations contre le G7 ont également eu lieu à Genève, avec des affrontements entre certains manifestants et la police suisse.
Un sommet aux enjeux multiples et aux résultats incertains
Le G7 d’Évian doit aborder plusieurs dossiers internationaux, dont la guerre en Ukraine, les déséquilibres économiques avec la Chine et la situation au Moyen-Orient. Volodymyr Zelensky, président ukrainien, est attendu mardi pour une réunion de travail consacrée au conflit avec la Russie. Emmanuel Macron a indiqué que le sommet serait « concret dans ses résultats », bien que les divergences entre les membres, notamment sur les questions commerciales et sécuritaires, restent visibles.
La réouverture du détroit d’Ormuz, prévue dans le cadre de l’accord américano-iranien, sera l’un des sujets centraux. Si les États-Unis ont minimisé la nécessité d’une aide internationale pour sécuriser cette zone, la France et le Royaume-Uni maintiennent leur proposition d’une mission conjointe. « Nous ne voulons pas d’un péage, mais d’une sécurisation collective », a précisé Emmanuel Macron.
Les discussions sur les surcapacités industrielles chinoises et l’aide au développement seront également au programme. Les dirigeants européens espèrent trouver une position commune face à la Chine, accusée de subventionner massivement ses entreprises, tout en évitant une escalade des tensions commerciales avec Washington. Le sommet doit s’achever mercredi 17 juin par un dîner à Versailles, en marge des célébrations des 250 ans de l’indépendance des États-Unis.