L’autopsie de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue le 3 juin et retrouvée morte le lendemain dans un silo désaffecté à Puycasquier (Gers), a révélé que l’enfant avait été violée, selon des informations confirmées par plusieurs médias ce 18 juin. Le profil biologique de Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire, a été retrouvé sur des zones intimes de la fillette, selon BFMTV et d’autres sources proches du dossier. Les causes exactes de sa mort restent encore inconnues, les enquêteurs attendant les résultats des analyses anatomopathologiques.
Un bâillon et des ecchymoses sur le corps de l’enfant
Les examens médico-légaux ont également permis d’établir que Lyhanna avait été bâillonnée avec du scotch et présentait des traces d’ecchymoses, notamment sur la tempe gauche. Ces éléments, révélés par BFMTV, s’ajoutent aux constatations initiales et pourraient alourdir les charges pesant sur Jérôme Barella, déjà en garde à vue depuis le 6 juin. L’avocat de la famille de Lyhanna a réagi en exprimant « une colère et un dégoût » face à ces révélations, tout en soulignant que l’enquête devait encore déterminer les circonstances précises du décès.
« Les mêmes éléments sont présentés comme des constatations médico-légales et comme des hypothèses d’enquête, selon les sources citées. »
Un suspect déjà connu des services de police
Jérôme Barella, 45 ans, était connu des services de police pour des faits de violences et avait déjà fait l’objet d’une plainte pour agression sexuelle sur mineur en 2022, classée sans suite faute de preuves suffisantes. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait été en contact avec Lyhanna dans les heures précédant sa disparition. Son emploi du temps le jour des faits est actuellement reconstitué par les enquêteurs, qui cherchent à établir un lien entre sa présence et les violences subies par l’enfant.
« On ne sait pas encore si Jérôme Barella a agressé ses filles, ce sera une question dans la suite de l’enquête », a indiqué une source judiciaire au Parisien. Le suspect, qui nie les faits, doit être de nouveau entendu par les enquêteurs dans les prochains jours.
Une mobilisation nationale contre les violences sur mineurs
La mort de Lyhanna a provoqué une vague d’émotion et de colère en France, relançant le débat sur la prise en charge des signalements de violences sexuelles sur mineurs. Depuis le 9 juin, le site Classes-sans-suite.com, lancé pour recueillir des témoignages anonymes sur des violences sexuelles et leur traitement par la justice, a enregistré près de 6 000 signalements. Plusieurs rassemblements ont eu lieu devant des tribunaux, comme à Meaux, où une soixantaine de personnes se sont réunies pour échanger sur les éventuels dysfonctionnements de la chaîne judiciaire.
Le gouvernement a annoncé une revue urgente de tous les dossiers en cours concernant des atteintes aux mineurs, une mesure critiquée par certains policiers et magistrats, qui soulignent le manque de moyens humains et matériels pour traiter ces procédures. « On priorisait déjà les violences sexuelles, mais il faut du temps et des effectifs pour faire ce travail », a déclaré Abdelkrim Grini, procureur de la République à Alès, dans Objectif Gard.
Une enquête toujours en cours et des réformes annoncées
L’enquête judiciaire se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de la mort de Lyhanna et établir le rôle précis de Jérôme Barella. Les analyses anatomopathologiques, attendues dans les prochains jours, pourraient apporter des précisions sur les causes du décès. En parallèle, le parquet a ouvert une enquête pour « homicide volontaire » et « viol sur mineur de 15 ans ».
Sur le plan politique, le gouvernement a annoncé que les réformes nécessaires en matière de protection des mineurs contre les violences sexuelles seraient présentées avant la fin du quinquennat. Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a indiqué que le projet de loi sur la protection de l’enfance, prévu pour être discuté le 15 juillet à l’Assemblée nationale, pourrait intégrer le principe d’imprescriptibilité pour les violences sexuelles sur mineurs. Emmanuel Macron a quant à lui appelé à « rendre les procédures plus efficaces », tout en reconnaissant que la libération de la parole sur ces sujets avait progressé sous ses deux mandats.
Les prochaines étapes de l’enquête, notamment les auditions de Jérôme Barella et les résultats des analyses complémentaires, seront déterminantes pour établir les responsabilités dans cette affaire. En attendant, la mobilisation citoyenne et associative se poursuit, avec des appels à renforcer les moyens alloués à la justice et à la protection de l’enfance.