Moscou a été visée par une attaque ukrainienne « à grande échelle » dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, selon les autorités russes. Plusieurs drones ont touché une raffinerie située dans la banlieue sud-est de la capitale, provoquant des incendies et des perturbations dans les aéroports moscovites. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a indiqué que les défenses antiaériennes avaient abattu 180 drones au-dessus de la région.
Une raffinerie stratégique en feu
La raffinerie de Gazprom Neft, située dans le quartier de Kapotnia, a été touchée par plusieurs projectiles. Des images diffusées par des médias locaux montrent d’épaisses colonnes de fumée noire s’élevant au-dessus du site. Selon des informations disponibles sur le site officiel de l’entreprise, cette raffinerie assure plus d’un tiers des besoins en carburant de Moscou, notamment pour ses aéroports.
« Les forces de défense aérienne continuent de repousser une attaque de grande envergure. Plusieurs drones ont réussi à atteindre la MNPZ [raffinerie de Moscou] », a déclaré Sergueï Sobianine sur Telegram. Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a précisé qu’un immeuble résidentiel et un centre commercial avaient également été endommagés par des débris, sans faire de blessés.
« Le même site avait déjà été visé par une attaque ukrainienne deux jours plus tôt, aggravant les perturbations dans l’approvisionnement en carburant. »
Plus de 500 drones interceptés selon Moscou
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté et détruit 555 drones ukrainiens au-dessus de plusieurs régions durant la nuit. Ce chiffre, qui n’a pas été confirmé de manière indépendante, représenterait la plus importante attaque contre Moscou depuis le début de la guerre en 2022. Les aéroports de Vnoukovo, Chérémétievo, Joukovski et Domodédiovo ont été temporairement fermés, entraînant des évacuations et des retards de vols.
« C’est une réponse pleinement justifiée aux attaques russes contre nos villes et nos communautés, ainsi qu’un autre résultat important du travail de nos combattants contre les installations qui soutiennent la machine de guerre russe », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.
La Russie menace de « frappes massives » en représailles
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réagi en rappelant que le président Vladimir Poutine avait déjà annoncé que la Russie mènerait des « frappes massives » contre l’Ukraine. « Les mots ne suffisent pas. La Russie mènera des frappes massives régulières contre des cibles ukrainiennes », a-t-il déclaré, sans préciser le calendrier ou les objectifs visés.
Cette attaque intervient alors que Vladimir Poutine accueille un sommet Russie-ASEAN à Kazan, à environ 700 kilomètres à l’est de Moscou. Le dirigeant russe n’a pas évoqué l’attaque lors de son discours d’ouverture, se concentrant sur les relations économiques avec les pays d’Asie du Sud-Est.
Un bilan encore provisoire et des tensions accrues
L’étendue des dégâts causés à la raffinerie de Gazprom Neft reste à préciser. Les autorités russes n’ont pas communiqué de bilan consolidé des destructions ou des perturbations dans l’approvisionnement en carburant. Les images diffusées montrent des incendies en cours, mais aucune évaluation indépendante n’a été rendue publique à ce stade.
Cette attaque s’inscrit dans une intensification des frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes ces derniers mois. Kiev vise particulièrement les raffineries et les sites de stockage de carburant pour affaiblir la capacité de Moscou à financer son effort de guerre. De son côté, la Russie continue de frapper quasi quotidiennement l’Ukraine, avec des attaques de missiles et de drones ciblant notamment les infrastructures civiles.
Les prochaines heures devraient permettre de préciser l’impact de cette attaque sur les capacités de production de la raffinerie et sur les opérations aériennes à Moscou. Les déclarations des deux parties laissent entrevoir une possible escalade des frappes dans les jours à venir.