Un avion civil s’est écrasé dimanche 28 juin vers 11 heures à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, entraînant la mort des onze personnes présentes à bord. L’appareil, un Pilatus PC-6 immatriculé en Allemagne, avait décollé de l’aérodrome de Nancy-Essey pour un vol de baptême de parachutisme. Selon le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, les victimes sont cinq moniteurs, cinq élèves et le pilote. Aucune victime collatérale n’est à déplorer.
Un crash survenu peu après le décollage
L’avion s’est écrasé à environ 300 mètres de la piste, dans une zone herbeuse proche d’une zone résidentielle et de deux routes. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, présent sur place en fin de journée, a indiqué que l’appareil « a commencé à prendre son envol » avant de « tomber subitement ». L’épave de l’avion se trouvait encore sur les lieux en fin d’après-midi.
Plusieurs témoins ont décrit la scène. Un riverain, qui circulait sur la route au moment du crash, a raconté avoir vu l’avion « monter » avant de « partir sur la droite » et de s’écraser. « J’ai vu tous les corps sans vie à terre (…) On a vu tout de suite qu’ils étaient morts sur le coup », a-t-il déclaré. Un autre témoin, Stéphane, a estimé que le pilote « a pris la décision de nous éviter », permettant d’éviter que l’appareil ne s’écrase sur des habitations ou des véhicules.
« La chute à 300 mètres de la piste et l’absence de victimes au sol relèvent de deux niveaux d’analyse distincts. »
Un groupe d’infirmiers libéraux parmi les victimes
Les cinq élèves à bord étaient des infirmiers libéraux venus effectuer un baptême de parachutisme, selon Thierry Pechey, président du Conseil départemental de l’ordre infirmier en Meurthe-et-Moselle. « Des collègues qui avaient décidé de faire un baptême de saut en parachute, pour décompresser sans doute », a-t-il précisé. Le vol était organisé par l’association Tandemotion, une structure rodée qui propose des baptêmes depuis plusieurs années à l’aéropôle de Grand Nancy Tomblaine.
Le pilote, décrit comme expérimenté, avait déjà effectué des milliers de vols sur ce type d’appareil, selon Yves-Marie Guillaud, président de la Fédération française de parachutisme. L’association Tandemotion, qui n’est pas affiliée à cette fédération, dépend de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et n’est donc pas soumise aux mêmes contrôles, a-t-il souligné.
Une enquête confiée à la gendarmerie des transports aériens
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris s’est saisi de l’enquête judiciaire. Les investigations, décrites comme « nombreuses et d’une particulière technicité », ont été confiées à la gendarmerie des transports aériens (GTA). Environ 35 gendarmes, dont 15 enquêteurs, ont été déployés sur place pour recueillir des éléments dans et autour de la carlingue.
Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a également lancé une enquête technique. Selon cet organisme, il s’agit de « l’accident d’aviation générale le plus grave en termes de bilan humain » en France, l’expression « aviation générale » désignant toutes les activités aériennes civiles autres que le transport commercial. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué qu’il n’y avait « pas eu un accident aussi important au niveau aéronautique concernant le parachutisme depuis une trentaine d’années ».
Plusieurs pistes sont examinées par les enquêteurs. Jean-Paul Troadec, ancien président du BEA, a évoqué une possible panne moteur, un déséquilibre causé par une mauvaise disposition des passagers ou un malaise du pilote. « Une hypothèse qu’on va certainement examiner parce qu’il faisait très chaud », a-t-il ajouté. L’appareil, un mono-turbine, n’était pas obligatoirement équipé d’une boîte noire, mais les enquêteurs pourraient s’appuyer sur des vidéos prises par des smartphones à l’intérieur de l’avion ou par des témoins au sol.
Une cellule psychologique mise en place pour les proches et les témoins
Une cellule d’urgence médico-psychologique a été activée pour prendre en charge les proches des victimes et les témoins du drame. Certains membres des familles des victimes « ont assisté à la chute de l’aéronef, ce qui ajoute au choc et au traumatisme psychologique qui en résulte », a souligné Laurent Nuñez. Plusieurs habitants du quartier, choqués par la scène, ont également été pris en charge.
« On est choqués. Ça aurait pu tomber sur les maisons », a déclaré Sabrina Kosmala, une riveraine de 43 ans. « On voit passer des avions tous les jours mais on n’a jamais vu ça. C’est la première fois. »
Un bilan provisoire et des investigations en cours
Le bilan humain du crash est définitif, avec onze morts confirmés. Les investigations techniques et judiciaires se poursuivent pour établir les causes exactes de l’accident. Les enquêteurs devront notamment analyser les débris de l’appareil, les éventuelles vidéos disponibles et les témoignages des riverains et des membres de l’aérodrome.
Le ministre de l’Intérieur a apporté « le soutien de la Nation » aux familles des victimes, tandis que le ministre des Transports a souligné l’importance de « tirer toutes les leçons de ce drame ». La publication des premiers résultats de l’enquête pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en raison de la complexité des investigations.