Dans la nuit du 27 au 28 juin 2026, l’armée ukrainienne a frappé deux raffineries de pétrole en Russie, à Slaviansk-sur-Kouban (région de Krasnodar) et dans la région de Iaroslavl, selon le président Volodymyr Zelensky. Ces attaques s’ajoutent à une série de frappes ciblant des infrastructures stratégiques russes depuis plusieurs semaines. Le gouverneur de la région de Krasnodar, Veniamine Kondratiev, a annoncé qu’une personne avait été tuée et une autre blessée lors d’une attaque massive de drones ukrainiens. Un incendie s’est déclaré dans une raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban, l’une des plus grandes du sud de la Russie.
Des frappes ukrainiennes qui visent les capacités économiques russes
Les forces ukrainiennes ont utilisé des missiles de croisière FP-5 Flamingo pour frapper l’usine Titan-Barrikady, située à Volgograd, qui produit des systèmes d’artillerie et des composants pour des lanceurs de missiles. Selon Volodymyr Zelensky, cette usine est un site clé de l’effort de guerre russe. Une station de pompage de pétrole à Vtorovo, dans l’oblast de Vladimir, a également été touchée pour la deuxième fois en juin. Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir les capacités économiques et militaires de la Russie, notamment en ciblant les infrastructures pétrolières.
Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir intercepté 660 drones ukrainiens ces derniers jours, dont 213 dans la nuit du 27 au 28 juin. Malgré ces interceptions, les attaques ukrainiennes ont provoqué des perturbations significatives. Vladimir Poutine a reconnu dimanche une « certaine pénurie » de carburant en Russie, attribuant cette situation aux frappes ukrainiennes. Selon le président russe, les réserves d’essence s’élèvent actuellement à 1,7 million de tonnes, en baisse de 4 % par rapport à l’année précédente. Des restrictions sur la vente de carburant ont été mises en place dans une vingtaine de régions, y compris à Moscou et Saint-Pétersbourg.
« Les mêmes frappes sont présentées comme des représailles militaires et comme une campagne systématique contre les revenus pétroliers russes. »
Vladimir Poutine promet d’assurer la sécurité de la Russie
Lors d’un congrès de son parti, Russie unie, le 28 juin, Vladimir Poutine a promis d’« assurer » la sécurité de la Russie et de « relever les défis » posés par les frappes ukrainiennes. « Nous voyons les problèmes. Nous les reconnaissons et nous y répondons. Mais nous assurerons sans aucun doute la sécurité du pays et de nos citoyens », a-t-il déclaré. Le président russe a également évoqué la possibilité de reprendre les négociations avec les États-Unis une fois que Washington sera moins occupé par la crise avec l’Iran. « Nous sommes prêts à poursuivre les négociations et la discussion de tous les détails », a-t-il affirmé lors d’une interview avec un journaliste russe.
Donald Trump, présent au G7 en France, a estimé que « la Russie devrait conclure un accord » avec l’Ukraine pour mettre fin au conflit. « L’Ukraine est en assez bonne position », a-t-il ajouté, sans préciser les conditions d’un éventuel accord. De son côté, Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi 25 juin une « opération de 40 jours pour contraindre l’État agresseur de mettre un terme à la guerre ». Cette opération, menée par les services de sécurité ukrainiens, vise à intensifier la pression sur la Russie, notamment en ciblant les infrastructures énergétiques et militaires.
La Crimée, un front clé du conflit
La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a été placée en « situation d’urgence » vendredi 26 juin après des attaques ukrainiennes ayant provoqué des pénuries de carburant et des coupures d’électricité. Les autorités russes ont suspendu la vente de carburant aux particuliers et annulé les colonies de vacances prévues cet été. « Nous faisons tout pour forcer la Russie à mettre fin à la guerre et restituer la justice. Et c’est la Crimée qui est au centre de cette politique », a déclaré Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.
La Crimée héberge plusieurs bases militaires russes utilisées pour frapper le territoire ukrainien. Depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la péninsule en frappant des infrastructures et des camions citernes. Ces actions visent à asphyxier les capacités logistiques russes et à affaiblir leur présence en Crimée.
Un conflit qui s’étend et des tensions diplomatiques persistantes
Les frappes ukrainiennes en Russie et les réactions de Moscou illustrent l’escalade du conflit, qui s’étend désormais au-delà des lignes de front traditionnelles. Les attaques ciblées contre les infrastructures économiques russes visent à tarir les ressources financières de Moscou, tandis que les frappes russes en Ukraine continuent de faire des victimes civiles. Au moins deux personnes ont été blessées dans une attaque russe contre Kiev dans la nuit du 27 au 28 juin, selon les autorités ukrainiennes.
Sur le plan diplomatique, les positions restent figées. Vladimir Poutine a indiqué attendre la venue de négociateurs américains pour reprendre les discussions sur l’Ukraine, une fois que Washington sera moins occupé par la crise avec l’Iran. De son côté, Volodymyr Zelensky a réaffirmé que l’objectif de l’Ukraine était de contraindre la Russie à mettre fin à la guerre, sans préciser les conditions d’un éventuel cessez-le-feu. Les prochains jours seront marqués par la poursuite des frappes ukrainiennes et des réponses russes, dans un contexte de tensions persistantes.