Le Venezuela fait face à une catastrophe humanitaire après deux séismes survenus mercredi 24 juin dans le nord du pays. Quatre jours après les secousses, le bilan provisoire s’élève à au moins 1 450 morts et plus de 50 000 disparus, selon le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. Les opérations de secours se poursuivent dans des conditions difficiles, avec une aide internationale en cours de déploiement.
Un bilan humain et matériel lourd
Les séismes, de magnitude 7,2 et 7,5, ont touché principalement l’État de La Guaira, une zone côtière voisine de la capitale Caracas. Selon les autorités vénézuéliennes, 774 immeubles ont été endommagés, dont 189 se sont entièrement effondrés. Les Nations unies estiment que près de sept millions de personnes pourraient avoir été affectées par la catastrophe, dont deux millions dans la seule région de Caracas.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) évalue les dégâts matériels à environ sept milliards de dollars, soit près de 6 % du produit intérieur brut du pays. « Les dommages causés sont d’une ampleur exceptionnelle », indique un responsable onusien, soulignant que les infrastructures locales étaient déjà fragilisées par des années de crise économique.
« Le même bilan est présenté comme provisoire par les autorités et comme consolidé par les organisations internationales, reflétant des méthodes de comptage différentes. »
Des sauvetages miraculeux dans un contexte chaotique
Malgré l’ampleur des destructions, plusieurs sauvetages spectaculaires ont redonné espoir aux populations. Un garçon de 11 ans a été extrait vivant des décombres dimanche 28 juin, après avoir passé près de 76 heures sous les gravats. « Chaque vie sauvée est une victoire », a déclaré la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, sur le réseau social X. Un nourrisson de 18 jours et sa mère ont également été secourus vendredi 26 juin, 32 heures après les séismes.
Ces opérations restent cependant limitées par le manque de moyens. « Les habitants creusent à mains nues, faute d’engins de chantier », témoigne un secouriste présent sur place. Les autorités ont militarisé la zone de La Guaira pour « garantir la sécurité », mais cette mesure a suscité des critiques parmi les sinistrés, qui dénoncent une présence insuffisante des secours officiels.
Une aide internationale en cours de déploiement
Face à l’urgence, au moins 17 pays ont envoyé des équipes de recherche et de sauvetage, ainsi que du matériel humanitaire. Les États-Unis ont déployé 250 secouristes et proposé une aide financière de 150 millions de dollars. La France, l’Espagne et la Turquie font partie des nations ayant mobilisé des ressources, tandis que l’Union européenne a coordonné l’envoi de 521 tonnes de matériel et de 2 700 secouristes.
« Nous avons reçu des équipes du monde entier, mais les besoins restent immenses », indique un responsable vénézuélien. Les hôpitaux locaux, déjà en difficulté avant la catastrophe, sont débordés. « Les morts gisent à même le sol dans certains centres de santé », rapporte une habitante de La Guaira.
Des tensions et des incertitudes persistent
Quatre jours après les séismes, les recherches se concentrent désormais sur la récupération des corps, bien que des survivants puissent encore être retrouvés. « Les chances de trouver des personnes en vie diminuent, mais nous ne renonçons pas », affirme un secouriste chilien.
La gestion de la crise par les autorités vénézuéliennes continue de susciter des critiques. Des habitants ont hué la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, lors d’une visite sur un site sinistré, lui reprochant un manque de réactivité. « Il faut un permis pour sauver des vies, c’est absurde », s’indigne un bénévole.
Les prochains jours seront marqués par l’évaluation complète des dégâts et la poursuite des opérations de secours. Les Nations unies ont averti que le bilan pourrait encore s’alourdir, en raison des difficultés d’accès à certaines zones et de la complexité des recherches.