Le Stade Toulousain a remporté son 25e titre de champion de France de rugby en s’imposant face au Montpellier Hérault Rugby (28-20) en finale du Top 14, samedi 27 juin au Stade de France. Ce succès, le quatrième consécutif pour les Rouge et Noir, leur permet d’égaler le record de quadruplés établi par la génération toulousaine des années 1994-1997. La rencontre, marquée par des conditions météorologiques extrêmes, a été interrompue pendant une quinzaine de minutes en raison d’un orage violent.
Un début de match maîtrisé par Toulouse
Dès les premières minutes, le Stade Toulousain a pris les commandes du match. Le talonneur Peato Mauvaka a ouvert le score à la 6e minute en réalisant un essai après une touche malicieusement jouée avec Antoine Dupont. Mauvaka, de retour après une grave blessure au genou subie en 2025, a confirmé son retour au plus haut niveau en inscrivant un doublé. Son premier essai, marqué après un cadrage-débordement face à l’ailier montpelliérain Donovan Taofifenua, a lancé son équipe vers une première mi-temps dominée.
Les Toulousains ont creusé l’écart à la 33e minute grâce à un deuxième essai de Mauvaka, consécutif à une mêlée à cinq mètres de la ligne montpelliéraine. Antoine Dupont a ensuite ajouté une pénalité pour porter le score à 25-6 à la pause. Malgré une possession de balle et une occupation du terrain largement en faveur de Montpellier (72 % et 60 % respectivement), les Héraultais n’ont pas su concrétiser leurs occasions, ne marquant que six points sur les six pénalités obtenues dans les 23 premières minutes.
« Le même match a été présenté comme une démonstration toulousaine et comme une résistance héroïque de Montpellier. »
Montpellier résiste mais manque de réalisme
En seconde mi-temps, Montpellier a montré des signes de réaction. L’ailier Justo Piccardo a réduit l’écart à 28-13 après une heure de jeu, relançant brièvement l’espoir d’une remontée. Cependant, les Montpelliérains, malgré leur domination territoriale et leur activité dans les rucks, n’ont pas su transformer leurs incursions dans le camp toulousain en points décisifs. Leur moyenne de 1,4 point par entrée dans les 22 mètres adverses, contre 3,1 pour Toulouse, a illustré ce manque d’efficacité.
« Toulouse a été meilleur, plus réaliste », a reconnu Lenni Nouchi, le capitaine montpelliérain, en conférence de presse. Le manager du MHR, Joan Caudullo, a également souligné les regrets de son équipe : « Je suis malheureux parce que si on maîtrise mieux, on est champion de France. » Malgré une défense étouffante et une série de 23 victoires en 26 matches avant la finale, Montpellier n’a pas su inverser la tendance.
Une interruption sous l’orage et une fin de match sous tension
La rencontre a été interrompue à la 65e minute en raison d’un violent orage, contraignant les joueurs à regagner les vestiaires pendant une quinzaine de minutes. À la reprise, Montpellier a encore tenté de revenir au score, mais les Toulousains, menés par leur capitaine Jack Willis et leur demi d’ouverture Romain Ntamack, ont su gérer leur avantage. Un essai de Léo Coly à la 65e minute (28-20) a relancé le suspense, mais les Montpelliérains n’ont pas réussi à franchir la défense toulousaine dans les dernières minutes.
« On va pouvoir chambrer tous les anciens des années 1990 », a plaisanté Romain Ntamack après le match, en référence au quadruplé réalisé par la génération toulousaine de Jérôme Cazalbou. Pour sa part, Peato Mauvaka, élu homme du match, a souligné la solidité collective : « On s’est fait chier pour en arriver là. »
Un exploit historique et des célébrations reportées
Avec ce 25e titre, le Stade Toulousain confirme sa domination sur le rugby français. Les joueurs, dont douze ont remporté les six derniers boucliers de Brennus entre 2019 et 2026, entrent un peu plus dans l’histoire du club. « On égale le record ! Maintenant, il n’est plus seul, Monsieur Cazalbou, on arrive ! », s’est exclamé Rodrigue Neti, le pilier toulousain, en référence à l’ancien joueur emblématique du club.
Cependant, les célébrations prévues place du Capitole à Toulouse, dimanche 28 juin, ont été annulées en raison des violents orages attendus dans la région. Les joueurs, arrivés en gare de Matabiau sous les applaudissements de 300 supporters, devront reporter leurs festivités. « C’est toujours magique, mais on va déjà savourer ça », a déclaré Romain Ntamack, soulignant l’émotion des joueurs malgré l’absence de célébrations publiques.
La question d’un cinquième titre consécutif, une performance encore inédite, est déjà dans tous les esprits. « Personne n’est rassasié », a indiqué le club, laissant présager une nouvelle saison sous le signe de l’ambition. Pour l’heure, les Rouge et Noir savourent un exploit qui renforce leur statut de « citadelle imprenable » du rugby français.