Le sommet de l’OTAN s’est ouvert mardi 7 juillet à Ankara, dans un contexte marqué par les demandes répétées de Donald Trump sur le partage de l’effort de défense au sein de l’Alliance. Les 32 États membres devaient y discuter de leurs capacités militaires, du soutien à l’Ukraine et des engagements pris l’an dernier pour augmenter les dépenses de sécurité.
Des dépenses en hausse pour répondre aux demandes américaines
À la veille du sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé de « nouveaux contrats de plusieurs dizaines de milliards de dollars » destinés à renforcer les équipements jugés essentiels à la dissuasion et à la défense. Ces annonces devaient être présentées mardi lors d’un Forum des industries de défense organisé à Ankara.
Mark Rutte a aussi mis en avant l’augmentation des budgets militaires des alliés européens et du Canada. Selon lui, ils ont dépensé en 2025 près de 20 % de plus que l’année précédente pour leur défense. En additionnant 2025 et 2026, cela représente, selon lui, 258 milliards de dollars d’investissements supplémentaires. Il a ajouté attendre à Ankara des « plans clairs, concrets et crédibles » pour atteindre l’objectif de 5 % du PIB consacré à la sécurité d’ici 2035, adopté lors du sommet de La Haye en 2025.
« Les annonces portent à la fois sur des montants budgétaires et sur leur traduction en capacités militaires effectivement disponibles. »
Une montée en puissance européenne encore dispersée
Plusieurs dirigeants européens ont présenté le sommet comme un test de crédibilité face au risque de désengagement américain. Des responsables européens et de l’OTAN ont insisté sur la nécessité de transformer la hausse des dépenses en moyens opérationnels, alors que les efforts engagés restent décrits comme inégaux selon les pays.
L’Allemagne a ainsi prévu d’augmenter fortement ses dépenses militaires à 125 milliards de dollars en 2027, selon son projet de budget. Le vice-ministre allemand de la Défense, Nils Schmid, a affirmé que Donald Trump pouvait être assuré que « le partage du fardeau n’est plus un simple slogan ». Dans le même temps, Ursula von der Leyen et Mark Rutte ont déclaré que leur « priorité commune » était de faire en sorte que la base industrielle en Europe et en Amérique du Nord « produise davantage, mieux et plus rapidement ».
Le sommet devait aussi permettre aux Européens de montrer qu’ils peuvent renforcer leur défense sans remettre officiellement en cause le principe de défense collective de l’Alliance. Selon une information de presse, une progression encore fragmentée est décrite, avec des armées qui gagnent en puissance mais sans coordination complète à l’échelle européenne.
Le soutien à l’Ukraine et le rôle de la Turquie au centre des échanges
Sur l’Ukraine, Mark Rutte a déclaré que « l’OTAN doit s’assurer que l’Ukraine reçoit ce dont elle a besoin ». Il a ajouté que les alliés et les partenaires de l’Alliance devaient continuer à veiller à ce que Kiev dispose des moyens nécessaires pendant la guerre avec la Russie. Selon une information de presse, le communiqué final devrait reprendre la formule utilisée en 2025, selon laquelle Moscou reste une « menace à long terme ».
Le sommet a également mis en avant la place de la Turquie au sein de l’Alliance. Pays hôte de la réunion, Ankara a multiplié les entretiens bilatéraux en amont. Recep Tayyip Erdogan a reçu Mark Rutte lundi, tandis que Donald Trump était attendu mardi pour des échanges avec le président turc avant la réunion des dirigeants. Le représentant permanent turc auprès de l’OTAN, Basat Ozturk, a déclaré que l’attente collective était de « réaffirmer clairement l’unité, la solidarité et la cohésion entre les Alliés ».
Au moment de l’ouverture du sommet, les engagements budgétaires et industriels étaient donc au premier plan, mais leur portée concrète restait liée aux plans nationaux présentés par chaque État. Le soutien à l’Ukraine faisait l’objet d’un accord de principe réaffirmé par l’OTAN, tandis que l’ampleur future de l’engagement américain en Europe continuait d’être discutée dans les déclarations publiques des responsables concernés.