La Russie a lancé dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet une série de frappes sur Kiev et sa région, selon les autorités ukrainiennes et le ministère russe de la Défense. Les bilans communiqués au fil de la journée ont été relevés à plusieurs reprises, jusqu’à atteindre au moins 24 morts et une centaine de blessés à Kiev et dans sa région selon les derniers chiffres cités par les autorités ukrainiennes. Les frappes sont intervenues à la veille du sommet de l’OTAN organisé à Ankara.
Un bilan relevé au fil des heures dans la capitale et sa périphérie
Les premiers bilans faisaient état d’au moins 10 morts dans la région de Kiev, dont neuf dans la capitale et une dans le district de Boutcha. Au fil des opérations de secours, les autorités ukrainiennes ont ensuite annoncé 18 morts, puis 22, avant un dernier bilan de 24 morts dans Kiev et sa région. Plusieurs dizaines de blessés ont d’abord été recensés, puis plus d’une centaine selon les chiffres les plus récents cités lundi soir.
Les services d’urgence ukrainiens ont indiqué que des immeubles résidentiels avaient été endommagés ou détruits dans plusieurs secteurs de Kiev. Selon ces services, au moins 15 immeubles résidentiels ont été touchés, tandis que d’autres bilans évoquaient une trentaine de bâtiments endommagés dans la capitale. Dans le district de Podilsky, les secours ont poursuivi leurs recherches dans les décombres d’un immeuble résidentiel. À Vychneve, près de Kiev, plus de 600 personnes ont été évacuées en raison d’un risque d’explosions secondaires.
« Le bilan humain a évolué toute la journée, à mesure que les secours poursuivaient les recherches dans les immeubles touchés. »
Moscou parle d’une riposte, Kiev demande plus de défense antiaérienne
Selon les forces aériennes ukrainiennes, la Russie a lancé 68 missiles et 351 drones de divers types contre l’Ukraine. Elles ont affirmé en avoir abattu 37 et 326 respectivement. Le ministère russe de la Défense a déclaré avoir mené une « frappe massive » en réponse à des attaques ukrainiennes sur le territoire russe, en assurant viser des entreprises du secteur militaro-industriel, des installations énergétiques et des infrastructures aéroportuaires militaires.
Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de chercher à infliger « autant de souffrances et de dégâts que possible » aux Ukrainiens. Le président ukrainien a aussi demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après ces frappes et a appelé les alliés de Kiev à prendre de nouvelles décisions sur la défense antiaérienne. « Il est crucial que le monde - en premier lieu les États-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l’Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne », a déclaré Volodymyr Zelensky.
Un sommet de l’OTAN sous l’effet immédiat des frappes
Ces frappes sont intervenues moins d’une semaine après une précédente vague d’attaques meurtrières sur Kiev, et à la veille de l’ouverture du sommet de l’OTAN en Turquie. Volodymyr Zelensky devait y rencontrer Donald Trump, tandis que plusieurs responsables occidentaux ont réagi dans la journée. Mark Rutte a dénoncé des attaques « indiscriminées », et Ursula von der Leyen a estimé que ces bombardements montraient un « besoin urgent » de défense antiaérienne pour l’Ukraine.
À ce stade, le fait établi est celui d’une attaque russe de grande ampleur sur Kiev et sa région, avec un bilan humain encore consolidé au fil des recherches. Les chiffres sur les missiles et drones lancés proviennent des forces aériennes ukrainiennes, tandis que la Russie affirme avoir visé des objectifs militaires et énergétiques. Le sommet de l’OTAN devait désormais préciser si ces demandes ukrainiennes se traduiraient par de nouvelles annonces sur les systèmes de défense et leurs munitions.