Emmanuel Macron s’est rendu jeudi 16 juillet dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, où plusieurs incendies déclenchés depuis dimanche ont parcouru plus de 2 000 hectares. Le chef de l’État a visité le poste de commandement installé dans le massif, alors qu’environ 950 pompiers restaient mobilisés contre des reprises de feu. Selon les autorités, les feux étaient fixés, mais pas encore éteints.
Une visite centrée sur les secours et la reconstruction du massif
Au cours de ce déplacement, Emmanuel Macron a salué l’action des pompiers, des militaires et des autres personnels engagés sur le terrain. Selon une information de presse, 120 militaires du génie devaient renforcer le dispositif. Le président a aussi annoncé la mise en place, « dans les prochaines heures », d’un « guichet unique » destiné à collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau.
« Je compte sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner » afin de « replanter, de rebâtir et de continuer de nous améliorer aussi pour que cette forêt soit encore, demain, mieux protégée », a déclaré Emmanuel Macron. La Fondation du patrimoine a annoncé une collecte d’urgence avec l’Office national des forêts, la ville et le château de Fontainebleau, le département et la région.
« Le feu est fixé sur le plan opérationnel, mais l’extinction complète reste un travail distinct et plus long. »
Des reprises encore nombreuses et une circulation progressivement rétablie
Jeudi, les secours poursuivaient un travail de noyage et de surveillance dans une forêt où la tourbe et le sable favorisent des reprises localisées. Selon Sébastien Avenel, directeur adjoint des pompiers de Seine-et-Marne, « on a toujours de la réactivation du vent et la température qui se lève, ce qui nous occasionne des réactivations de feu ici ou là ». Des médias ont aussi rapporté que ce traitement des foyers résiduels pouvait durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
L’autoroute A6, fermée depuis le début de l’incendie sur une portion du secteur, devait rouvrir progressivement jeudi à partir de 20 heures, selon la préfecture. Cette réouverture devait se faire avec une voie réservée aux véhicules de secours dans chaque sens et une vitesse limitée à 90 km/h. Le massif forestier restait par ailleurs interdit d’accès et présenté comme dangereux par l’Office national des forêts en raison d’arbres fragilisés.
Des enquêtes judiciaires ouvertes sur plusieurs départs de feu
La visite présidentielle s’est déroulée alors que plusieurs volets judiciaires étaient en cours. Selon la procureure de Fontainebleau, deux jeunes hommes de 18 ans, dont un pompier volontaire, avaient été mis en examen et placés en détention provisoire pour deux départs de feu distincts. Par ailleurs, deux ouvriers et le gérant d’une société de travaux ont été présentés à un juge en vue de leur mise en examen pour le déclenchement involontaire du premier incendie, lié selon le parquet à des travaux sur l’A6.
Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’y aurait « aucune tolérance » pour les incendiaires. À ce stade, les feux restent fixés mais actifs par endroits, et les opérations portent encore sur les reprises et la sécurisation du secteur. Les procédures judiciaires doivent désormais déterminer les responsabilités retenues pour chacun des départs de feu examinés.